Yves Rocher, réel engagement ou pompe à euros ?

Depuis sa création en 1959, Yves Rocher compte pas moins de 1700 boutiques et plusieurs millions de consommateurs à travers le monde. Cependant malgré leur immense succès, il y a eu de nombreuses plaintes concernant certains produits.

Yves Rocher, Porte de Namur.
©EL Houch Younes 2020

Cette grande enseigne voulant à tout prix montrer que tous ses produits ont un engagement envers la nature ne font pas les choses à moitié. Ils ne sont pas devenus célèbres comme par magie, mais plutôt grâce à un certain marketing que l’on nomme « Greenwashing« . Hélas, dans l’ombre de chaque réussite, se cache souvent un travail qui n’est pas si angélique

En réalité que se cache-t-il derrière ces produits ?

Dans une de ses vidéos , la Youtubeuse (La Petite Gaby) démontre que le produit « soins sensitifs végétales » contient des ingrédients nocifs pour la santé des consommateurs . On y retrouve de l’alcool et surtout du phénoxyéthanol, substance très toxique et irritante pour l’homme.

Malgré cela, Yves Rocher arrive toujours à vendre ses produits grâce à de nombreuses promotions tout au long de l’année avec un système de fidélité. Celui ci attire et fidélise la clientèle et les poussent à consommer. Des produits à prix abordables et accessibles pour toutes classes sociales. Finalement, qui est le plus fautif? Yves Rocher et leurs mensonges ou les consommateurs et leur naïveté ?

Slow fashion : remède environnemental ?

La mode fait rêver. Par ses vitrines, ses magasins, ses mannequins, ses différentes collections. Mais l’industrie de la mode est aussi avant tout,un pollueur majeur pour notre planète. La slow fashion, mode éthique, éco-responsable et respectueuse de l’environnement deviendra t-elle un remède à notre système ? Consommez moins mais mieux ? Est ce donc la solution ?

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7000 à 10000 litres d’eau. Voilà ce qu’il faut pour fabriquer seulement un jean. Impact environnemental ? Oui.

 À ce jour, selon le rapport de la Fondation Ellen MacArthur l’industrie de la mode représente à l’échelle mondiale la deuxième industrie la plus néfaste après le pétrole pour l’environnement. Le processus pour réaliser un vêtement a pour conséquence des effets hostiles pour notre atmosphère :

  • La production des matières premières telles que la matière polyester, fabriquée par le pétrole est la matière synthétique la plus utilisée, qui a pour cause 31% de la pollution des déchets plastiques de l’océan. La production du coton, très néfaste pour notre planète, a besoin de beaucoup d’eau pour un seul tee-shirt . A lui seul, il représente 13 bains. Conséquences environnementales? Oui. Lors du processus de fabrication de ses matières premières, l’utilisation de substances chimiques a pour principale cause la pollution des eaux puisque les eaux usées finissent dans l’océan. Le lavage de certains vêtements participe aussi énormément à la dégradation de l’océan car le lavage rejette des milliers de débris plastiques.
  • « Un simple jean, parcourt jusqu’à 1,5 fois le tour de la terre avant d’arriver dans nos magasins ». Néfaste pour la planète ? Oui. Un jean, lors de son voyage émet énormément de gaz à effet de serre, un des facteurs principaux de la pollution .

Mais la fast fashion, c’est quoi ?
« La Fast Fashion c’est 140 milliards de vêtements produits dans le monde en 2019 » d’après une étude de Laetitia Pfeiffer, Executive Partner Digital and Innovation chez IBM Services, Une production de masse. Explosion de la consommation. Acteur ? La Fast Fashion.

Zara, H&m, Primark… Renouvellent leur collection le plus de fois possible, et en plus à bas prix afin d’attirer les consommateurs à peu près tous les mois. Produire vite, consommer plus. C’est leur stratégie. La Fast Fashion est partout. Implantée dans notre quotidien. Sans prendre conscience des dégâts environnementaux ou bien même éthique que peut représenter la mode rapide. Les soldes, les promotions, les grandes publicités,  » la BlackFriday » tout ceci est créé pour que les consommateurs oublient les dessous hostiles, néfastes des grandes enseignes. La Fast Fashion n’est pas chère à l’achat mais représente un coût bien trop élevé au niveau planétaire.

Mais la slow fashion ? C’est quoi ?

A contrario de la fast fashion, la slow fashion produit en premier lieu des vêtements éthiques, durables et respectueux de l’environnement :

  • Terminer la production de masse, la slow fashion privilégie des productions intensives et de qualité pour limiter les excès de gaspillage que produisent les industries.
  • Terminer la délocalisation, terminer les déplacements. Pour limiter l’émission de carbone, produire locale. C’est la solution du slow fashion.
  • Terminer le coton, le polyester toutes ces matières néfastes à l’environnement. La slow fashion prône le lin, le chanvre, le coton bio. Les matières recyclées fabriquées à partir de déchets plastiques, ou bien même des matières transformées. Les matières sont conçues pour être durables.
  • Recycler les vêtements et non les jeter. Vendre sur le site Vinted ou bien les donner à différentes associations comme Emmaus et bien d’autres encore… C’est la seconde main.
Blackfriday/ Greenfriday non à la surconsommation et la production de masse. Exemple de groupe association engagé pour la slow fashion
Les matières naturelles et biologiques pour produire nos vêtements sont plus durables et moins hostiles à l’environnement.
Le coton est la matière végétale la plus produite au monde. Bio ? Encore mieux ! Pixabay

Le coton biologique utilise moins d’eau et moins d’énergie. Il est cultivé sans OGM et ni pesticide. Selon une étude de BusinessScoot, le coton est la matière la plus utilisée au monde. Du coton recyclé? Encore mieux. Quoi de mieux de réutiliser ce qui a été jeté ?

Le chanvre, réputé pour être la matière naturelle la plus écologique. Elle est résistante et biodégradable. Le chanvre n’utilise pas beaucoup d’eau lors de sa production et en bonus, le chanvre régénère le sol lorsqu’elle pousse.

« On peut refondre le plastique, pour en faire un fil de Nylon, qu’on utilise pour faire des maillots de bain » explique Flore Carlier, fondatrice de la marque de maillot de bain Kaly Ora respectueuse de l’environnement, éthique et durable. Le nylon recyclé utilise zéro résidu puisqu’il est extrait de déchets plastiques.

Slow fashion : qui sont ces nouveaux concepteurs ?
Flore Carlier, fondatrice de la marque de maillot de bain Kaly Ora.

 » Il n’y’a pas de définition pour un vêtement eco-responsable, chacun met un peu la petite perle à son édifice là où il peut » déclare Flore Carlier. Travailler avec une petite usine locale, utiliser des matériaux recyclés à partir de déchets plastiques, fabriquer des emballages écologiques et même une livraison verte. Faire en sorte que le processus de production du vêtement de la conception à l’envoi soit totalement éthique et respectueuse de l’environnement. Cibler la qualité plutôt que la quantité. C’est possible ? Oui. De nombreuses marques se lancent dans la Slow Fashion :

  • Kalyca, marque française qui vise femmes hommes et enfants utilisant du coton bio tissé et peint en France
  • Patagonia, marque de sport éthique et durable, produit des vêtements avec des fibres végétales bio et biodégradables : chanvre, coton ou des fibres animales retrouvées dans de « vieilles couettes ou oreillers recyclés »
  • Les récupérables, spécialisée dans l’upcycling ( faire du neuf avec de l’ancien), réalise ses vêtements à partir de linge de maison vintage.

Et pleins d’autres encore !

Mais la fondatrice de Kaly Ora avoue qu’utiliser des matériaux recyclés connaît parfois des limitations pour le choix de la texture ou bien même des couleurs. Financièrement aussi, produire un vêtement éco responsable coûte plus cher, le vêtement en vente sera donc plus coûteux qu’un vêtement de grand enseigne. C’est pourquoi ,toucher les consommateurs les plus jeunes est dorénavant plus compliqué.

une prise de conscience environnementale ?

 » Les gens commencent à de plus en plus s’y intéresser, le Covid a sûrement aidé sur certains points, un changement de mentalité. Consommer mieux, consommer plus local, essayer d’aider les petites entreprises et de faire bouger les choses.  » affirme Flore.

La prise de conscience des consommateurs est de plus en plus présente. Grâce aux articles de presse, associations, réseaux sociaux, nouvelles marques….Les consommateurs se posent de plus en plus de questions : Qui fabriquent nos vêtements ? Comment sont-ils produits ? Où sont-ils produits ?

Les solutions de la Slow Fashion : consommer moins mais mieux. Qualité mieux que quantité. Acheter plus chère, certes, mais moins et durable. Remède environnementale ?

Pour en savoir plus :


Gestes et attitudes à adopter pour s’habiller tout en respectant l’environnement : 10 commandements.


L’industrie de la mode responsable des émissions de gaz à effet de serre.


Shopping responsable : 16 marques Slow Fashion

© Castry Lucie, étudiante en bachelier communication à l’ISFSC

Seconde main : devient-elle une forte concurrence pour la Fast Fashion ?

Donner, revendre, prolonger la vie d’un vêtement : la seconde main.Une révolution de la mode alliant économie et écologie qui s’oppose à la Fast Fashion par ses friperies et ses vides dressing virtuel. Concurrence ?

La seconde main c’est recycler.
Image par Shirley Hirst de Pixabay

Fini, le neuf. D’après le site Thredup, en 2028, le marché de la seconde main prendra la première place devant la Fast Fashion. Forte concurrence ? Oui. Un succès à la hausse lié non seulement, pour son impact écologique : limiter les dégâts environnementaux que peut causer le processus de la fabrication d’un vêtement. Mais les bas prix qu’offrent les vêtements de la seconde main jouent énormément aussi : toutes tranches d’âge se sent donc concernées. Majoritairement, un vêtement d’occasion est moins cher qu’un vêtement neuf. Une grande tendance grâce aux différentes friperies, et ces grands vide-dressing en ligne dont un sort du lot : Vinted.

« DonneZ à vos vêtements une seconde vie » Vinted.

Une friperie virtuelle. Vinted fait ravage. Selon l’Express, Vinted « revendique 21 millions de membres dans les onze pays où elle est implantée ». Des millions de vêtements sont mis en ligne chaque jour. Un boom lié à cette application gratuite,mais aussi à ses millions de vêtements à bas prix. Prix moyen sur Vinted ? 15 euros. Des vêtements d’occasion de marque tels que H&M, Zara et même des affaires de luxe. Comment ne pas songer à la seconde main quand une application simple, gratuite et sécurisée offre à des millions d’utilisateurs des vêtements à bas prix ?

La fast fashion : comment faire mieux ?

© Fernand De CanneUnsplash

Des vêtements à petit prix qui coûtent cher à notre planète.

10 000 litres d’eau, 1 kg de coton, 75 kg de pesticides et quelques kilos d’engrais chimique, c’est ce qui est nécessaire à la fabrication d’un seul jean qui ne sera peut-être porté qu’une dizaine de fois avant d’être jeté ou de finir oublié au fond d’une armoire. Un pantalon qui aura d’ailleurs parcouru jusqu’à de 65 000 km lors de sa confection, soit 1 fois et demi le tour de la terre. Des chiffres qui ont de quoi interpeller le consommateur et qui sont le résultat d’un seul phénomène : la fast fashion.

La fast fashion, c’est quoi ?

La fast fashion ou mode rapide en français consiste au renouvellement rapide des collections dans les grands magasins de mode. Concrètement : certaines marques présentent jusqu’à 52 collections par an, soit une par semaine. Sans prêter attention, ni à l’aspect éthique, ni à l’aspect écologique de la production.

En effet, l’industrie textile est la seconde la plus polluante au monde après l’industrie pétrolière. En additionnant la surproduction de gaz à effet de serre, l’exploitation massive de ressources non renouvelables, d’eau, de produits chimiques, et de pesticides : la somme est désastreuse.

Et ce n’est pas tout, le recyclage des habits dont le consommateur se débarrasse est aussi à la traîne. Au niveau mondial, seuls 12 % en moyenne des matériaux présents dans un habit pourront être recyclés. Le reste sera mis en décharge ou brulé.

Éthique et éco-responsable : la slow-fashion

Cette pratique est une manière de consommer dite « raisonnée ». Il s’agit d’acheter moins d’habits et de meilleure qualité. Malheureusement, celle-ci rencontre quelques inconvénients. Tout d’abord, les prix sont plus élevés que chez les géants de la mode car la fabrication est faite dans des matériaux de qualité et les travailleurs ont un salaire décent. Ensuite, les pièces sont moins renouvelées donc moins tendances. En effet, si moins de collections voient le jour, il est plus difficile de s’adapter à chaque effet de mode. C’est même à l’opposé du principe de la slow fashion. « C’est vrai que c’est plus cher, mais il y a pleins de petits créateurs qui essaient de se lancer, il faut leur donner de la force. » , explique Louison Dequesnes, gérant de la friperie Bison 4.

Bien que de plus en plus de marques se mettent à fabriquer de façon éthique et responsable, il existe l’alternative idéale que de plus en plus de personnalités adoptent : la seconde main.

© Nilay SozbirUnsplash

Acheter dans ce type de commerces revient à faire vivre les commerces locaux et à donner une deuxième vie à des vêtements. En plus de l’aspect écologique, ça permet de se distinguer. Selon monsieur Dequesnes, il y a très peu de chances de tomber sur quelqu’un qui a le même pull que soi en rue si on l’a trouvé en friperie. S’habiller là permet de vraiment se démarquer.

En effet, acheter en friperie ou sur des applications de reventes devient de plus en plus courant. Au cours de l’année 2020, 68 % des Belges ont acheté un objet en seconde main dont 19,9 % étaient un vêtement. Bien que réservé auparavant au plus démunis, cette pratique aujourd’hui est très répandue et bénéficie d’un effet de mode croissant. Pour Louison Dequesnes, le ressenti de faire une bonne action, l’effet d’influence et le sentiment de bonne affaire seraient les raisons qui poussent les acheteurs vers la slow-fashion.

Comment le vintage est revenu au goût du jour ?

En réalité, c’est surtout un effet de mode qui pousse les consommateurs à se diriger vers les boutiques d’occasion. Si les influenceurs du moment montrent qu’ils vont en friperie, ou achètent en seconde main, le public s’y rend. « C’est sûr que si on voit quelqu’un comme par exemple Travis Scott qui porte une pièce spécifique, ses fans iront se renseigner pour avoir la même. Les jeunes maintenant s’habillent comme leurs idoles, on veut leur ressembler, il y a un sentiment d’appartenance. », explique monsieur Dequesnes.

Esile, youtubeuse française suivie par 540K de personnes

De plus en plus de personnalités promeuvent la mode éco-responsable. Il suffit d’aller voir l’Instagram de la friperie Bison 4. On y voit des personnalités comme le mannequin Léna Simone, Caballero et Jeanjass, Roméo Elvis, … « L’influence est une grosse partie de ma réussite, principalement grâce à Instagram. Ça m’a permis de me lier d’amitié avec des rappeurs et faire beaucoup de rencontres qui au quotidien m’envoient beaucoup force. » avoue Louison Dequesnes.

© Darc Déborah – 2020

La seconde main aussi sur nos smartphones

Au lieu de se retrouver avec des armoires qui débordent, il est bien plus avantageux de revendre ce que l’on ne porte plus. C’est le principe des applications comme Vinted, United Wardrobe, vestiaire collectif,… Ces plateformes permettent de vendre sans frais, acheter ou échanger ce que des millions d’utilisateurs postent. Ce sont en quelque sorte des « friperies en ligne ».

Malheureusement, ces plateformes ont un inconvénient majeur : la pollution due aux livraisons. Effectivement, il est dit sur le site de Vinted qu’un article est vendu par seconde. Cette plateforme s’étendant au niveau européen, cela équivaut à beaucoup de colis, et donc de transport. La production de gaz à effet de serre reste toutefois moins importante que celle issue de la fast fashion. Néanmoins, il faut rester méfiant par rapport à ce type de marché pas tout à fait écologique.

Vers une prise de conscience collective ?

© Darc Déborah, 24/01/2019

Depuis les marches pour le climat à Bruxelles en 2019, une prise de conscience collective, mais surtout du côté des jeunes s’est mise en place. D’après le constat de monsieur Dequesnes, les personnes se rendant le plus dans son commerce sont approximativement les personnes dans la tranche d’âge 16-24 ans.

« Il y avait une belle énergie à Bruxelles, certains jours, les manifestants venaient même à la boutique après. Depuis ces événements, les chiffres de ventes sont croissants »

Dequesnes Louison

Les adeptes de la seconde main se multipliant, la loi de l’offre et de la demande à fait que diverses type de boutique ont vu le jour. Il y a les plus « luxueuses » pour acheter des marques tout en restant éco-responsable au plus bas de gamme qui allient bonne affaire et écologie. De quoi satisfaire tous les publics et permettre de changer la façon de consommer de chacun. « Pour moi, il ne faut pas aller dans les extrêmes. Si chacun fait son petit geste de son coté ça peut faire une différence » garantit monsieur Dequesnes.

Ce qu’il faut retenir c’est que la seconde main est un marché ouvert à tous. Plus les acheteurs en demanderont, plus ce sera un adversaire de poids face à la fast fashion. Il ne s’agit pas de ne plus acheter du tout dans les grands magasins, mais peut-être faire 50/50 ou essayer d’acheter plus par besoin que par envie. Il s’agit d’une transition à faire petit à petit, mais qui est possible et qui a du sens.


Pour en savoir plus :

Déborah Darc, étudiante en bac 1 communication à l’ISFSC : j’ai décidé d’allier à travers cet article deux de mes centres d’intérêts qui sont la mode et l’écologie. J’ai pour vocation la communication depuis petite, car pour moi s’exprimer est un art et celui-ci me passionne.

Vers une agriculture raisonnée

La production et l’élevage intensif bovin est présent en Belgique et responsable d’un tas de problèmes environnementaux. Ils sont responsables du réchauffement climatique et de la destruction des champs et forêts. Il existe un tas d’alternatives en matière d’agriculture respectueuse de l’environnement et du bien être animal en Belgique. Détrompez vous, ce n’est pas un rêve, une utopie inatteignable. L’agriculture intégrée, vivrière, raisonnable sont des méthodes d’agriculture adaptées aux bon fonctionnement de l’environnement et de l’éco-système. A l’inverse de la production intensive bovine, qui pollue et est responsable des émissions de gaz à effet de serre, ce type d’agriculture serait la solution transition écologique, est-ce envisageable ?

L’agriculture dite « intégrée » ou « raisonnée », est un mode d’agriculture certes différent de l’agriculture biologique, mais respectueux des bêtes, des normes à respecter en matière d’ajout de pesticides, dont l’objectif premier serait de protéger l’environnement. L’agriculture raisonnée ou intégrée prend en compte tous les paramètres allant du besoin de l’animal aux besoin du consommateurs, avec l’utilisation d’un carnet de charge précis et succin portant sur le respect des risques sanitaire, le respect de la fertilité des terres. Certains rares producteurs belges la pratique, ou mettent en place des systèmes de production biologique afin de tendre à la transition écologique. Elle est couramment utilisée pour l’agriculture végétale, mais est applicable pour celle de la viande. Un petit pas pour les éleveurs,, un grand pour l’environnement! Catherine Rousseau, agricultrice explique : « Avec mon mari, nous avons une ferme dans laquelle avec nos 300 moutons et nos vergers, nous pratiquons l’agriculture vivrière, mettant en avant l’autosuffisance, notre production n’étant pas destinée à la distribution ou exportations quelconques. C’est une petite société, dans laquelle chacun y a son rôle. Les moutons pâturent les vergers, les abeilles nous font un miel délicieux. Certes, cela me demande beaucoup de temps et d’investissement. Mais j’estime qu’il faut passer par là étant donné l’état de notre planète, et la logique au niveau bien-être animal.« 

Catherine Rousseau est la personne que j'ai interviewé. Elle est une agricultrice Belge qui a fait des études d'agronomie, a travaillé au CRIOC qui est un centre spécialisé dans la recherche sur la consommation en Belgique. Elle pratique l'agriculture vivrière
Catherine Rousseau, agricultrice Belge. Pratique l’agriculture vivrière et raisonnée.
El koulali Sirine ©

La source du problème

La production de viande cause énormément d’émission de gaz a effet de serre, et reste l’une des causes principale du réchauffement climatique. L’agriculture pratiquée en « masse », dont le but est de distribuer le plus de produits aux chaines de vente, est une agriculture polluante et très nocive pour notre planète. Effectivement, la production de viande représente 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, gaz qui, une fois dans l’atmosphère participe au réchauffement climatique. L’élevage en masse nécessite une consommation énorme en céréale. Les producteurs bovins nourrissent le bétail avec une quantité de soja importante, jusqu’à en être les plus grands consommateurs. Paradoxal, étant donné que Catherine rousseau précise : « Je nourris mes moutons avec l’herbe qu’ils pâturent et broutent durant la journée. Pendant l’hiver, je commande du foin chez un voisin agriculteur également. Les céréales sont là pour gaver les animaux, c’est pas cher et rempli de pesticides et d’engrais. » Presque la moitié des terres agricoles servent à cultiver l’alimentation des animaux d’élevage. La forêt amazonienne en faisant partie.

Youtube video, source Le monde

Une utopie bien réelle

Les méthodes douteuses employées par les producteurs en masse sont la source des problèmes que causent l’agriculture. Ils visent l’aspect économique, en oubliant le bien être animal. Cela passe par les tonnes d’engrais utilisés pour transformer les bêtes afin de les rendre le plus productives possible. Et c’est notre planète qui enchérit. Heureusement, certains producteurs locaux en Belgique ont l’espoir de pouvoir faire changer les choses. Souvent, ce sont des agriculteurs passionnés, travaillant en inter-dépendance avec les autres producteurs ou agriculteurs, ils mettent en place un véritable système raisonnable et intégré. Cela prend du temps, effectivement. Car la production de masse a un objectif réel : produire plus, plus vite. A l’inverse de la production intensive, l’agriculture raisonnée demande beaucoup de temps et d’investissement. « Depuis deux ans, je fais partie d’un coopérative de producteurs, c’est un métier très difficile, intense où l’on ne gagne pas bien sa vie. Se sentir seul, en tant qu’agriculteur, c’est très dur. Du coup, cette coopérative dans laquelle nous nous échangeons beaucoup, nous discutons production et devons tenir un magasin. Magasin dans lequel nous vendons tous nos produits fabriqués par nous même. C’est génial car l’inter-dépendance entre producteurs m’a beaucoup aider à évoluer dans le domaine. Je pense qu’en passant par ce type d’agriculture, tout le monde saurait y trouver son bonheur! » assure Catherine Rousseau.

Des éleveurs passionnés, veillant au bien-être de leurs bêtes, pratiquent des types d’agriculture variées pour participer à la transition écologique. Des techniques basée parfois sur l’observation du troupeau, visant à s’assurer leur bonne santé, comme le fait Julien, agriculteur français.

https://www.instagram.com/p/B2R1GXbohzB/
Vidéo trouvée sur Instagram, publiée par Brut, plateforme d’informations.

L’animal, pas qu’un morceau de viande!

La production intensive, en plus d’être l’une des causes principales des différents problèmes écologiques, tel que le réchauffement climatique et la disparition des matières premières, ne respecte pas le bien être animal. Les animaux sont entassés dans des cages durant presque l’entièreté de leurs existence. Ils sont nourri en céréales a longueur de journée afin d’être le plus gras possible. Les vaches laitières se font traire des heures durant. Les conditions de vies en élevages sont terribles : les animaux sont castré à vif, les oreilles et queues arrachées, certains animaux n’ont aucun accès à l’extérieur et beaucoup meurent bien avant le moment de abattage.

"This image or file is a work of a United States Department of Agriculture employee, taken or made as part of that person's official duties. As a work of the U.S. federal government, the image is in the public domain"
Photo d’élevage de poulets en Floride, aux Etats-Unis. Libre de droit d’usage.

L’abattage, une des luttes des agriculteurs voulant éviter au plus le traumatisme chez leurs bêtes. D’après Catherine Rousseau, « Il serait moins traumatisant et stressant pour l’animal d’être abattu chez lui, dans sa prairie. Le stress engendre une tension musculaire, ce qui rend la viande, une fois la bête abattue, moins tendre également. Parfois, les éleveurs font des heures de route pour arriver au lieu où on leur enlèvera la vie. La route est longue, les animaux n’ont jamais vécu de voyage dans un véhicule quelconque. Certains meurent de peur, tombent malade, vomissent. Pour les producteurs indépendants, c’est une situation inacceptable. » Ce voyage de la ferme à l’abattoir utilise lui aussi de l’énergie , ce qui pourrait être évité si on permettait aux éleveurs d’abattre les bêtes à la ferme.

Et la transition écologique?

La pollution due a à la production et l’élevage bovin est un fait. Le réchauffement climatique en est l’un des impact, que faire pour réduire l’impact de l’agriculture sur le climat? Envisageons d’autres modèles d’agriculture et continuons de nous régaler. Qui a dit qu’il fallait arrêter de manger, au lieu de bien le faire, tout simplement? Catherine Rousseau pense qu’il est « complètement envisageable pour l’avenir, de passer à un autre mode d’agriculture, et ce pour tous les producteurs bovins! C’est la jeunesse qui le dira, l’avenir est entre vos mains. » Nourrir toute la Belgique avec de la viande issue de l’agriculture raisonnée, intégrée, bien plus qu’un petit pas pour l’homme, un grand pas vers la transition écologique. Il faut aller à la source du problème, l’identifier, et changer les choses, sans détours. Alors, cultivons l’intégrité et raisonnons l’agriculture! Cela changera t-il les choses? L’avenir nous le dira.

Pour en savoir plus

Eco-anxiété: Quid de la Belgique?

Panique. Anxiété. Peur de l’effondrement du monde due au changement climatique; un terme épistémologique existe: l’éco-anxiété. En Belgique, des éco-psychologues proposent une thérapie afin d’apaiser celle-ci. Que dire de l’anxiété belge? Expertise.

Anxiété: Du latin angŭstĭa, proprement « resserrement », « difficulté, gêne, situation critique », est un mal-être connu de notre ère. Quand il s’agit de l’avenir de la civilisation qui s’effondre selon des catastrophistes comme Yves Cochet ; l’angoisse climatique créé un rapport conflictuel avec la nature.

En Belgique, il n’y a pas encore de sondage, ni de statistiques précises quant au taux d’anxiété écologique exacte. Néanmoins, la psychologie et en particulier l’éco-psychologie tente une analyse et une guérison. Le traitement s’opère par entre autres une écoute analytique et une écoute des blessures de l’enfance, de l’inconscient et/ou une approche corporelle. Certains patients ont besoin entre autres de psychanalyse intégrative car « cette éco-anxiété peut-être en lien avec des blessures d’enfance voire de naissance » d’autres vont essayer de retrouver un contact la nature notamment avec le talk and walk. il s’agit de marcher en prenant les propositions que la nature peut nous suggérer.

Une prise de conscience supplémentaire

La discipline étant assez récente. Il est tentant d’essayer d’établir quelles seraient les conditions, environnement ou culture qui favoriseraient ce mal être. Il s’agirait de personnes de tous âges, des adolescents mais surtout des adultes. « Quand j’y pense il me semble qu’il s’agit de personnes qui ont fait des études supérieures ou universitaires qui prennent davantage conscience de cette réalité »

L’éco-anxiété serait alors liée à la prise de conscience ? « oui et non car l’anxiété est présente chez tous et de manière souvent inconsciente mais l’éco-anxiété est une prise de conscience supplémentaire liée au changement climatique  » Une région géographique particulière est eco-anxieuse: La Belgique. En effet, la sensibilisation et l’éducation depuis le début de la scolarisation créé une conscience génératrice de ce mal être.  » en France, il y a plus de rationalité donc moins d’éco-anxiété. la Belgique est fortement ancrée dans le réseau de transition.

Chez nous, selon un sondage mondial dévoilé par Le soir, un Belge sur quatre a des doutes concernant le changement climatique. »Derrière le déni il y a plein de sentiments, le plus pré-dominant de ceux-ci est la tristesse » Dés lors, en rejoignant cette tristesse on peut rejoindre un désir de changement.

Anxiété ou éco-anxiété?

L’origine même de l’éco-anxiété est ambiguë. S’agit-il de l’anxiété qui génère le trauma écologique ou le trauma écologique qui génère l’anxiété?

Il s’agit des deux. Les problèmes écologiques créent l’anxiété. les personnes anxieuses au départ seront plus sensibles à l’éco-anxiété. En effet, ce n’est souvent pas que lié à l’écologie en soi. Il s’agit plus souvent d’une corrélation avec le vécu de la personne. Ainsi, une personne obsessionnelle va être aussi en doute écologique. « Ce qui se passe est lié à notre histoire, il faut se reconnecter à notre force de vie avant qu’elle n’ait été modelée par l’éducation. « 

Une sortie de secours?

Il est possible de sortir de l’éco-anxiété. De plus, en sortir est fortement conseillé car l’anxiété mène à des passages à l’acte irréfléchis. Cela dit, la difficulté est telle que l’anxiété est une règle d’exception dans les sentiments ; c’est à dire que les sentiments en question ont besoin d’être écoutés. Mais l’anxiété ressentie est difficilement communicable. Il faut donc ouvrir la communication, apaiser l’angoisse pour en voir l’origine. On peut dés lors revenir à un état de plus serein et donc plus créatif. « L’ennui avec l’éco anxiété c’est qu’on se retrouve seul à essayer de changer les choses et donc qu’on se sent seuls car pas de changement. Il faut penser de manière plus collective sociale et politique. »

Michel Maxime Egger, sociologue, remarque une corrélation entre notre société de consommation ( le consumérisme) et l’addiction : un cercle vicieux où se créé des besoins; ce qui engendre un éloignement de la nature et de nos besoins primaires. Les publicitaires l’ont bien compris: le green washing est une technique très prisée pour atteindre les consommateurs de notre ère.

Anticipation positive?

Au niveau collectif, une mise en place d’un réseau de soutien au transitionneurs est en cours. Des formations en éco-psycholgies voient le jour. La demande augmente. Les patients ont alors le plaisir d’échanger et d’être compris là où ils ont pu recevoir un rejet et une l’incompréhension des thérapeutes ; d’où l’intérêt d’une formation.

Quel message peut-on transmettre aux éco-anxieux? : »Regardez la nature, allez vous promener connectez vous avec vous même, avec vos sentiments, avec les autres; regarder est une aide en particulier, ouvrir son regard, la vue est un sens très utilisé ainsi regarder autour de soi, le passage, la nature se connecter avec le soleil est l’une des premières choses à faire.« 

Un moteur

En janvier passé, l’activiste connue mondialement Greta Thunberg disait « je ne veux pas que vous désespériez je veux que vous paniquiez » l’éco-anxiété peut-être un moteur ? L’anxiété n’est pas un moteur dans le sens où la panique mène a des actes irréfléchis, la honte non plus n’est pas un moteur. » Ce n’est pas en rendant les gens honteux, coupables, paniqués et anxieux que les choses vont changer. Ces sentiments ne permettent pas d’avancer.  »

Le discours très médiatisé de l’activiste Greta Thunberg à L’ONU en janvier 2019

D’après une étude menée pour le compte de Solidaris, un Belge sur dix souffre d’un mal être permanent. La guerre contre l’angoisse bat donc encore son plein. La mise en place des réseaux de soutien aux transitionneurs et l’extension de la formation en éco-psychologie démontre une prise en charge naissante. Une balade dans la forêt, un rayon de soleil dans la rétine pour se sentir mieux, parler, échanger. Serait-ce ces choses simples qui nous aideront à retrouver du concret dans ce monde en pleine transition écologique?

En savoir plus

Publicité verte ou greenwashing, la frontière est fine

Total a encore du chemin à faire.
Image de Laurent Vincenti trouvée sur wikipedia

Le greenwashing est devenu un outil publicitaire qui pourrait attirer l’attention, mais entre la publicité verte et le greenwashing la frontière est très fine. Comment peut-on les différencier? 

À l’heure actuelle, la publicité est omniprésente et alimente le désir d’acheter de chacun. Sophie Pochet évoque dans sa thèse le cynisme développé par de ses étudiants en publicité face à l’éthique publicitaire. Malgré cette tendance cynique, peut être faudrait-il accorder une place plus importante à l’éthique dans le milieu publicitaire. Comment distinguer ce qui est éthique en publicité et ce qui ne l’est pas? Sachant que l’éthique varie en fonction de chaque individu, ou placer cette frontière?

Qu’est-ce que le greenwashing ?

Le greenwashing connu aussi sous le nom d’écoblanchiment est un phénomène de masse apparu en 2006-2007, Sophie Pochet explique qu’il a pour but d’utiliser l’argument écologique à outrance ou a tort. C’est-à-dire soit il y a exagération dans les propos dits écologiques soit il y a mensonge. En d’autres termes il s’agit d’un outil véhiculant des propos faussement écologique ou mensonger.

Total: expert en la matière 

Total s’est lancé dans le « biocarburant », le mot « bio » peut faire penser à une bonne action pour l’environnement . Mais, lors de recherches effectuées sur les ingrédients utilisés pour ces carburants dits bio, certaines anomalies peuvent apparaitre.

« Il est possible de distinguer trois générations de ce combustible d’avenir »

Quand Total parle de ces combustibles d’avenir, il s’agit de biocarburants de 1re, 2ème et 3ème générations. Le premier est composé de matières organiques, d’huiles végétales ou de graisses animales. Le second est à base de biomasse issu « du bois ou de la paille ». Le dernier est lui aussi composé de biomasse, mais aquatique contrairement à la deuxième génération, celle-ci est issue « des algues ou des microalgues ».

Pour être plus précis, le carburant issu d’huile végétale est principalement à base d’huile de palme parce qu’elle se mélange parfaitement avec le diesel. À titre de rappel la production d’huile de palme est responsable d’une importante déforestation qui contribue à la disparition de nombreuses espèces et écosystèmes. Quant aux carburants issus de biomasses, ils résultent de monocultures. La pratique de monoculture mène à la dégradation des sols et engendre des phénomènes tels que des maladies du sol ou des parasites.

Après un vote discret de l’assemblée National qui continuait d’inclure l’huile de palme dans les biocarburants jusqu’en 2026, il y a eu au second vote pour l’exclusion de l’huile de palme dans ces carburants.

Le greenwashing est donc présent à plusieurs niveaux. Selon de CDP (Carbon Majors Database), en 2017 l’impact environnemental de Total a atteint 0,9% des émissions mondiales de CO2. Malgré cela, Total utilisait le terme « bio » dans le nom de son nouveau carburant. Lorsqu’une entreprise n’a pas une assez bonne empreinte environnemental et utilise l’argument écologique cela peut être considéré comme du greenwashing.

Ou se situe l’éthique dans tout ça ?

Il est très difficile d’être éthique en publicité. Selon Sophie Pochet « l’éthique n’est pas le droit, n’est pas la déontologie, mais est de l’ordre de l’interrogation et de la réflexion. C’est réfléchir en continu à l’impact sociétal de nos actions ». Elle varie entre autres en fonction des personnes, des cultures et des idéologies. Il n’y a pas de règle unique lorsque l’on parle d’éthique. C’est ce qui apporte énormément de difficulté en publicité. Il est vrai que malgré les circonstances, certaines entreprises ou marques essayent d’être le plus éthique possible en montrant de la transparence lors de la création publicitaire, et c’est peut-être là que l’éthique commence.

Patagonia ou l’éthique publicitaire

En ce qui concerne les marques ou entreprises qui pourraient être éthiques, Sophie Pochet conseille de jeter un oeil à la marque Patagonia. Leur campagne publicitaire sortie en 2011 lors du Black Friday à New York montrait une veste ayant comme slogan « dont buy this jacket ».

Le vêtement durable grâce à Patagonia
Image de Ajay_suresh sur Flickr

Ce que Patagonia cherche à transmettre par cette campagne est la totale transparence. L’éthique de cette marque est axée sur le recyclage, des produits qui durent et inclut un service de réparation des vêtements ainsi qu’un partenariat avec Ebay afin d’encourager le marché de seconde main. Mais leur démarche écologique ne s’arrête pas là, ils s’engagent également à donner une partie de leurs bénéfices à des associations environnementales, des activistes qui protègent l’habitat, la nature sauvage et la biodiversité ainsi qu’à des communautés sous-représentées sur le plan environnemental. Pour l’instant l’argent reversé à toutes ces organisations s’élève à 58 millions de Dollars, pour plus de 1000 organisations différentes.

Ils ne vendent pas seulement des vêtements, ils créent une communication basée sur l’écologie tout en la respectant et en s’engagent réellement dans l’écologie, ce qui pourrait être qualifié d’éthique.

Comment limiter le greenwashing?

L’exemple avec Patagonia démontre qu’il y a des entreprises ou marques qui n’utilisent pas l’argument écologique à outrance ou a tort comme le définit le greenwashing. Malgré cela le greenwashing persiste dans cette époque d’éco-anxieux car il pousse à l’achat. Cependant il existe certains mouvements ou organisations qui limitent l’écoblanchiment.

Le JEP (Jury d’éthique publicitaire) est « l’organe d’autodiscipline indépendant de la publicité en Belgique. » et leur but est d’« assurer une publicité loyale, véridique et socialement responsable. ». Pour cela ils ont mis en place un jury d’éthique publicitaire qui reçoit des plaintes de consommateurs et les traite dans le but d’aboutir à une publicité socialement et éthiquement responsable.

Ce que certains pourraient considérer problématique selon Sophie Pochet c’est que c’est « un organe créé par le conseil de la pub, qui est en gros l’association qui défend la publicité en Belgique ». Il pourrait donc y avoir un conflit d’intérêts. En plus de celà le JEP fonctionne par système d’autorégulation. Elle explique le système en précisant que « c’est le secteur qui s’autorégule, et le secteur est composé des annonceurs, des médias et des publicitaires d’une part et d’autre part de la société civile » donc la moitié des membres de ce jury travaillent dans la publicité.

Limiter le greenwashing est donc possible, mais avec quelques aléas. L’autre option envisageable pour limiter le greenwashing est l’utilisation des réseaux sociaux. Actuellement l’opinion de chacun est entendue sur les réseaux sociaux et peut être le meilleur moyen de dénonciation d’après Sophie Pochet. Plusieurs faits d’abus de certaines marques ont été dénoncés sur les réseaux sociaux, ce qui rend les publicitaires plus vigoureux face à l’éthique que la pub est censée véhiculer.

La publicité verte peut-elle être éthique?

La publicité verte peut être éthique à partir du moment où elle n’utilise pas l’outil du greenwashing. Il y a aussi un phénomène que Sophie Pochet explique: « Par dépit, les citoyens finissent par penser que ce n’est pas grave si les entreprises utilisent l’argument écologique parce qu’il les conscientise et que ceux-ci voient bien que du coté politique ça ne fonctionne pas. ». L’idée véhiculée est que même si certaines publicités ne sont pas éthiques elles peuvent sensibiliser l’opinion publique et pourraient permettre d’ouvrir un débat politique écologique. Malgré tout elles induisent des valeurs et des questionnements aux citoyens, qui font réfléchir aux actions écologiques. Peut-être qu’au final, même si certaines pubs ne respectent pas toutes les règles éthiques, elles peuvent malgré tout être considérées comme éthiques suite aux actions citoyennes qui vont succéder ou qui ont déjà été mises en place. On pourrait imaginer que la publicité créatrice de désir engendrerait le désir d’un monde nouveau et plus vert.

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La surconsommation de plastique : Un danger pour les animaux marins

Le plastique est un grand destructeur environnemental, des millions d’animaux en ingèrent et finissent par en mourir, faut-il alarmer le citoyen ?

10 tonnes de plastiques sont produits dans le monde chaque seconde, 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées dans la mer chaque année. 1,5 million d’animaux meurent chaque année à cause de l’ingestion de plastique, toutes les 20 minutes 1 espèce animale ou végétale disparaît. Des chiffres impressionnants qui ne cessent d’augmenter chaque année. À l’heure actuelle, c’est 100 000 mammifères marins qui meurent tous les ans selon GreenPeace.

Le citoyen va-t-il prendre conscience de cette catastrophe ?

La sensibilisation du public reste à présent très minime, mais selon Florence Greiner, diplômée en science des matériaux et professeur de biologie à l’institut de la Providence, la sensibilisation du citoyen ne devrait pas être la seule priorité.

« Le problème est que lorsque l’on sensibilise le citoyen, on oublie les entreprises qui derrière produisent énormément de plastique. C’est facile de dire au citoyen : « achetez en vrac » et derrière de produire des pâtes dans des paquets en plastique de 500 grammes. Je pense qu’il faudrait qu’il y ait des lois qui passent au niveau des industries. Quand on sensibilise trop le citoyen, le citoyen s’en veut d’utiliser du plastique qui d’ailleurs crée de l’éco-anxiété et de nouvelles formes de problèmes psychologiques, alors que les principaux responsables de ces déchets plastiques sont ceux qui les produisent. »

Un coup de pouce des citoyens

Tortue Marine, Tortue Verte, Tortue
Pixabay licence, Francis Ray 15 avril 2018
Tortue marine ingérant du plastique supposément jeter en mer en pensant que celui-ci est de la nourriture.

Boyan Slat, un jeune néerlandais a lancé un projet nommé « Ocean clean-up » qui signifie « nettoyer l’océan« . Ce projet d’une grande envergure consiste à installer un système de filet étendu sur 100 km. Celui-ci s’enfonce dans l’eau pour récolter les déchets présents et les piéger dans le filet afin de faciliter le ramassage. Plusieurs tests ont été réalisés et ceux-ci s’avèrent être pour la plupart une réussite.

Un danger qui ne touche pas que les animaux…

En effet, selon Florence Greiner, les poissons ingurgitent un certain nombre de déchets qui reviennent ensuite dans notre alimentation sous forme microscopique. Ils peuvent s’avérer dangereux pour notre santé. De même dans les plastiques que l’on utilise, étant donné qu’ils sont faits de polymères et d’additifs, les additifs passent dans la nourriture. Par exemple quand on passe du plastique au micro-ondes, en général si on le chauffe, cela accélère les réactions chimiques, ce plastique se retrouve donc dans notre nourriture. Finalement cela a un effet pas seulement que sur les animaux mais aussi sur les êtres humains, en particulier sur la fertilité des personnes.

Un post instagram qui nous dit « tu manges ce que tu jettes » en effet comme expliquer par l’image et par le texte du précédent paragraphe ce que l’humain jette se retrouve dans son alimentation d’une manière ou d’une autre.

Des dégâts bien plus grand qu’un pays

Pixabay licence, Silk (a_different_perspective) 27 mars 2018
Oie sur une plage entourée de filet de sécurité en plastique jeté par des Hommes.

Qu’est-ce que les 7ème continent? C’est un lieu où se rejoignent les courants d’eaux et forment un point de rencontre où l’on trouve des milliers de tonnes de déchets. Il se situe dans l’océan pacifique entre Hawaï et la Californie. Les océanographes ont décidé de l’appeler le 7ème continent car celui-ci est tellement grand qu’il pourrait être un continent à lui seul, il mesure 6x la France. D’un point de vue optimiste, ce phénomène facilite le ramassage des déchets.

Vidéo youtube qui explique le phénomène du 7ème continent

Qu’en est-il des produits recyclables ?

Les déchets prennent beaucoup d’énergie pour être traités. Par exemple, pour les produits réutilisables, quand on recycle du verre dans les bulles à verre, il est 100% recyclé et redevient du verre à 100%. Néanmoins il va falloir le chauffer à plusieurs milliers de degrés, ce qui aura pour conséquences une énorme consommation d’énergie. Si on avait des bouteilles qu’on lave et qu’on réutilise, on évite toute cette montée en température et donc toute cette énergie qu’on pourrait utiliser pour autre chose ou ne pas produire et ne pas utiliser. Affirme Florence Greiner.

D’après les dires de Florence Greiner, il faudrait donc privilégier grandement le réutilisable au recyclable. Une chose est sûre cela prendra bien de longues années avant que cela ait un réel impact sur le réchauffement climatique.

À partir de quoi est créé le plastique ?

Le plastique est créé à partir de pétrole. Quelle ironie lorsque l’on sait que le pétrole est une denrée rare, qu’il est de plus en plus cher et qu’en plus de tout cela son extraction cause des catastrophes écologiques. Toutes ces choses sont négatives pour notre environnement mais les industries ne cessent de produire continuellement du plastique. Qu’attend l’Etat pour faire passer des lois ?

Le plastique cause-t-il seulement des effets négatifs ?

Il est vrai que le plastique apporte plus de dégâts que de bienfaits.

« Néanmoins un membre de ma famille qui est justement dans la production du plastique dirait aussi que c’est un moyen d’éviter le gâchis alimentaire. Si on a du jambon, du saucisson, si c’est emballer dans du plastique et donc des emballages étanches cela conserve beaucoup plus longtemps les aliments et cela évite donc le gaspillage alimentaire, donc lui réfléchirait dans ce sens-là »

F.G

De ce qu’on comprend du témoignage de Florence Greiner, quand bien même le plastique causerait des dégâts, il peut être une source de non-gaspillage qui reste tout de même un bon point pour la planète.

Des pays qui ne connaissent pas le tri

« En effet si on regarde les plages par exemple celle du Sénégal où j’étais, c’est hallucinant, ce sont des décharges à ciel ouvert. Au niveau paysage c’est dommage, au niveau confort de vie pour les populations qui se retrouvent avec ses déchets c’est dommage également. En terme de recyclage, évidemment il faut produire si on ne récupère pas ce qu’on a utilisé. Comme on dit toujours, une terre finie n’a pas des ressources infinies, un moment il y a des limites. Évidemment cela détruit la faune et la flore, la flore via des additifs qui passent dans l’eau etc mais la faune plus particulièrement. Cela pose aussi problème pour les équilibres des Eco systèmes. »

Que faut-il faire avant que tous les animaux marins ne disparaissent ?

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Les énergies renouvelables, le futur des Bruxellois ?

Pour endiguer et diminuer l’impact du réchauffement climatique sur notre planète et notre société, les énergies renouvelables apparaissent à ce jour comme une des solutions. Le problème ? Des coûts parfois jugés trop importants et une accessibilité relative. La pose de panneaux photovoltaïques est la première chose qui vient à l’esprit de la plupart des gens mais il existe aussi des éoliennes domestiques, plus petites que les éoliennes des fournisseurs d’électricité, davantage adapté aux particuliers.

De plus en plus de panneaux photovoltaïques sur les toits bruxellois
Par sferrario1968 (30/06/15)
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La Belgique dépend toujours grandement des énergies fossiles et non renouvelables. Sa production d’électricité est à 39 % d’origine nucléaire et 35,4 % d’origine fossile (gaz et pétrole) pour l’année 2018. La production totale s’élevait à 69,2 TWh et donc 51,5 TWh (74,4 %) de non renouvelables. Malgré une légère diminution de la consommation d’électricité dans notre pays de 2017 à 2018 (2,42 %) et une réelle augmentation de la part du renouvelable (6 % en 2010 à 15 % en 2018), le chemin à parcourir reste long pour atteindre 100 % de renouvelable. A Bruxelles, la production totale d’électricité d’origine renouvelable en 2017 a été de 169 GWh et de 90 GWh de chaleur sur une consommation totale de 21621 GWh.

Accord et obligations

Après la COP21 qui a rassemblé 195 pays en 2015, un accord a été trouvé et des objectifs ont été validés pour limiter le réchauffement planétaire entre 1,5 et 2°C d’ici 2100. Malgré la décision de l’administration américaine du retrait des Etats-Unis en juin 2017, des objectifs et un accord jugés pas assez ambitieux par certaines ONG, la conférence est un pas de plus vers un monde plus écologique avec des énergies renouvelables qui ont toutes leurs places.

Comme les états, les communes bruxelloises ont des obligations écologiques à tenir. Bruxelles Environnement est un acteur de choix en la matière et mène beaucoup d’actions pour la promotion des énergies renouvelables et de plus veille à l’accessibilité des énergies renouvelables pour les citoyens.

Le photovoltaïque s’impose

Le photovoltaïque s’est imposé à Bruxelles vu la surface réduite de la région, son efficacité et sa rentabilité. Bruxelles possède 20 millions de m² de toit à haut potentiel solaire. Au contraire des éoliennes domestiques pour lesquelles il faut des espaces importants. En effet, l’installation d’une éolienne sur un toit nuit à son efficacité et mène à une génération énergie faible. De plus l’urbanisation perturbe le vent. En ce qui concerne les autres types d’énergies renouvelables, Minh Châu Bui, chargée de communication à l’asbl APERe qui travaille sur les énergies renouvelables résume la situation : «à Bruxelles, il n’y a pas le terrain pour construire des éoliennes, pas de chute d’eau pour faire de l’hydroélectricité, pas de ferme pour faire de la biométhanisation».


Comment fonctionne les panneaux solaires et quels en sont les avantages

Combien ça coûte ?

D’après Minh Châu Bui, le coût de panneaux photovoltaïques pour une maison classique est de plus ou moins 3000 à 4000 € en sachant que ces panneaux coûtaient 4 fois plus cher il y a 10 ans mais le coût de l’installation reste stable. La période nécessaire pour que ceux-ci soient rentables est de 7 ans, ce qui est garanti par Bruxelles Environnement en modifiant la quantité d’aides accordées en fonction des prix du marché. Malgré cela, 3000 à 4000 € restent un investissement important pour la plupart des Bruxellois et compromettent l’accessibilité de ces installations.

Pour contrecarrer le coût qui pourrait être un frein, l’entreprise Brusol, installateur de panneaux photovoltaïques à Bruxelles avec d’autres concurrents en partenariat avec Sibelga et Bruxelles Environnement propose ses installations gratuitement. L’entreprise reste propriétaire des installations pendant 10 ans et après ce délai, elles reviennent au propriétaire du toit. Brusol se rémunère grâce aux certificats verts qui sont des aides régionales pour le développement du photovoltaïques et de la cogénération. Il y a 3 certificats verts pour chaque mégawatt produit, ce qui représente plus ou moins 90 € par certificat vert. Cependant, Brusol reste une entreprise avec une logique marchande. Dans certains cas, elle n’acceptera pas des installations à cause de la configuration des toits qui rend les installations plus complexes et donc moins rentables qu’avec des toits classiques à cause des coûts supplémentaires. De plus, les certificats ne sont plus accordés en Wallonie et en Flandre pour les nouvelles installations depuis 2014. Bruxelles fait toujours exception mais n’est pas à l’abri d’un changement de législation.

Malheureusement, Minh Châu Bui ajoute que le problème du coût n’est pas le seul à prendre en compte en ce qui concerne l’accessibilité car beaucoup de bâtiments à Bruxelles sont des copropriétés ou des immeubles à appartements. En bref, un locataire qui souhaite voir l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de son immeuble ne peut rien faire s’il n’a pas l’accord du propriétaire. Pour régler cette situation, l’APERe, une asbl créée en 1991 qui soutient et conseille les citoyens et les collectivités vers une société plus écologique grâce aux énergies renouvelables, joue le rôle de médiateur et a une mission d’éducation pour sensibiliser la population. Dans ce cas, les propriétaires réticents.

Le partage, c’est bon pour le moral et le porte-monnaie

Si le choix du renouvelable est fait avec notamment l’installation de panneaux photovoltaïques, il y a des possibilités pour les prosommateurs, les personnes qui produisent et consomment de l’électricité comme les propriétaires de panneaux photovoltaïques, de vendre leur surplus d’électricité à leurs voisins ! En effet, deux projets pilotes d’autoconsommation collective ont été lancés à Ganshoren et Forest. Le principe ? Les citoyens ou les communes possédant des bâtiments équipés de panneaux photovoltaïques peuvent revendre directement l’énergie produite à leurs voisins et au quartier.

D’après Minh Châu Bui : «ces initiatives permettent de créer des communautés d’énergie et de repenser totalement notre rapport à électricité». Au-delà des gains financiers pour les prosommateurs et les voisins qui profitent de cette électricité, ces projets ont aussi un rôle social en «reconnectant», littéralement, les habitants d’un quartier entre eux. Qui plus est, en Wallonie, le régulateur d’énergie CWApE veut mettre en place une redevance pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques à cause de leur utilisation du réseau. Peut-être un argument de plus pour ce genre de projet.


Vidéo explicative sur l’autoconsommation collective

Un monde politique bruxellois à l’écoute

Après la montée fulgurante du parti Écolo aux dernières élections avec 21,6 % des voix et une augmentation de 11,1 % par rapport à 2014, un signal a été donné par la population bruxelloise. Saint-Gilles, Forest, Auderghem, Watermael-Boitsfort, Ixelles et Etterbeek sont passées au pavillon vert. Selon Minh Châu Bui : «les communes écolos sont beaucoup plus demandeuses, elles viennent vers nous en disant : on a des objectifs et on a besoin de votre expertise» . Il y a donc un intérêt de la part des pouvoirs publics pour le renouvelable, son accessibilité et sa mise en place à Bruxelles.

Pour finir, une source d’énergie s’impose à Bruxelles : le photovoltaïque pour tous les avantages cités ci-dessus. Si tous les toits à haut potentiel solaire étaient utilisés, il serait possible de produire 2000 GWh d’électricité par rapport à une consommation de 5200 GWh en 2017. Ça représente 38 % de la consommation électrique de la région. Une question se pose : qu’est ce qu’attendent les Bruxellois ? Sans doute une meilleure information. L’asbl APERe y travaille chaque jour et continue de sensibiliser la population à ce sujet. Malgré tout, grâce aux efforts de tous les acteurs du secteur du renouvelable, un avenir positif se profile pour l’adoption des énergies renouvelables dans la capitale de l’Europe, étape indispensable à la transition écologique avec l’électricité verte.

Pour en savoir plus

Bruxelles, à la poursuite d’un air moins pollué

La pollution atmosphérique, un problème environnemental et de santé publique. A Bruxelles, la priorité est d’agir sur la mobilité et l’habitat. Trafic routier et chauffage des bâtiments sont en effet largement mis en cause. Diverses propositions existent pour améliorer la situation. Toutefois, il reste encore bien des efforts à fournir pour prétendre à un air sain.

© Hüweler Noémie 2019
Rue de la Loi à Bruxelles : un lieu où la pollution atmosphérique due au trafic routier est très intense

Maladies respiratoires, cardiovasculaires, cancers,… La pollution atmosphérique tue chaque année plus de 600 personnes dans la capitale.

Ces dernières années, une série d’initiatives ont été lancées. Et quelques améliorations ont pu être observées. Toutefois, le combat n’est pas encore gagné, comme en témoigne Christophe Degrave, analyste de la qualité de l’air pour la Cellule Interrégionale de l’Environnement (CELINE). « Ça s’améliore, nous sommes en bonne voie. Cela fait quelques années qu’on constate qu’il y a de moins en moins d’épisodes de pics de pollution. Pour toute une série de polluants, la situation est bien meilleure qu’avant, que ce soit pour les particules fines (PM10 et PM2.5), pour le dioxyde de soufre (SO2) ou pour le plomb (Pb). Avant, il y avait beaucoup de plomb dans l’air. Aujourd’hui, SO2 et plomb ont quasiment disparu. Mais il reste le gros problème du dioxyde d’azote (NO2), principalement émis par le diesel. On peut encore faire mieux pour les particules fines point de vue normes OMS. »

Le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10 et PM2.5) constituent les polluants les plus problématiques. La faute au trafic routier pour le premier, et au chauffage des bâtiments pour les secondes.

Informer et sensibiliser

La lutte contre la pollution de l’air nécessite un changement des mentalités. Pour y arriver, il faut commencer par informer et sensibiliser les citoyens. Lorsque l’on demande à Christophe Degrave si les Bruxellois sont suffisamment sensibilisés à cette problématique, il répond : « Beaucoup plus qu’avant. Avant, la situation était bien plus grave et on n’en entendait pas parler. Maintenant, quand on demande aux gens si la qualité de l’air s’améliore ou se dégrade, ils pensent qu’elle se dégrade tellement on en parle. » Le ton dramatique adopté par les médias n’est sans doute pas étranger à cette impression.

De nombreux sites internet permettent au grand public de s’informer. La page « Qualité de l’air » de Bruxelles Environnement ou le site de CELINE proposent un suivi de la qualité de l’air en temps réel.

Encourager une mobilité douce, partagée et pourquoi pas électrique

Selon le spécialiste Christophe Degrave, le diesel reste le gros point noir. Il faut renoncer à la voiture à moteur thermique au profit d’une mobilité davantage respectueuse de l’environnement. Pour y parvenir, un maximum d’alternatives moins polluantes doivent être proposées.

La marche à pied et le vélo demeurent les modes de déplacement les plus écologiques, à consommer à volonté. A Bruxelles, de plus en plus de pistes cyclables sont aménagées. A l’heure actuelle, la capitale compte 72 km de pistes cyclables.

L’utilisation des transports en commun est fortement mise en avant. Cependant, les organismes qui luttent pour un air plus sain sont unanimes : l’offre de transports en commun doit être améliorée.

Des parkings « Park & Ride (P+R) » ont été installés en périphérie pour désencombrer la ville. Ils offrent un accès direct aux transports en commun et permettent ainsi de se rendre au centre-ville sans voiture. Pour l’instant, ils sont au nombre de sept, et d’autres sont prévus dans le futur.

Des véhicules partagés (vélos, voitures, trottinettes), pour la plupart électriques, font désormais partie du paysage de la mobilité bruxelloise. Toutefois, d’après Christophe Degrave, pour que les véhicules électriques soient réellement plus écologiques, la production, la recharge et le recyclage des batteries doivent se faire de manière plus « propre ». A cela s’ajoute l’importance de mettre à disposition davantage de bornes de recharge. Elles sont trop peu nombreuses aujourd’hui et cela empêche peut-être certains de franchir le pas vers l’électrique.

Exit les moteurs thermiques : la zone de basses émissions

Afin d’agir sur la pollution due au trafic routier, une solution plus radicale a été mise en place : la zone de basses émissions de la Région de Bruxelles-Capitale (LEZ). Instaurée le 1er janvier 2018, la LEZ interdit la circulation des véhicules les plus polluants. Au fil des années, les critères d’accès à cette zone se feront de plus en plus stricts. Les véhicules au diesel seront interdits d’ici 2030. Et en 2035, ce sera au tour des véhicules à essence et au LPG.

Rénover et respecter les normes de construction

Concernant le chauffage et la mauvaise isolation des bâtiments, principales causes des émissions de particules fines, comment agir? A cela Christophe Degrave répond : « Il faut favoriser la rénovation et avoir des normes de construction. Vraiment favoriser tout ce qui est logement des personnes les plus démunies. C’est là aussi que la consommation énergétique est la plus forte. Et puis tout ce qui est secteur tertiaire, tous les bâtiments de bureaux. Avoir aussi une législation qui fait qu’on oblige à avoir des bâtiments exemplaires et une consommation réduite. »

Le service Homegrade guide gratuitement les Bruxellois dans leurs efforts d’amélioration de leur logement. Par ailleurs, différentes primes existent pour encourager la rénovation. Le prêt vert, par exemple, permet de financer jusqu’à 25 000 euros de travaux d’amélioration énergétique. Enfin, dans le Plan National Energie-Climat, le gouvernement bruxellois s’engage à amorcer la sortie du mazout dès 2025 et la sortie du gaz naturel dès 2030.

A l’évidence, un certain nombre d’initiatives ont été mises en place. Toutefois, il y a encore du pain sur la planche. Il faut avant tout accélérer l’exclusion des substances polluantes. Hors mobilité et habitat, deux grandes améliorations sont attendues : mieux mesurer les émissions polluantes et imposer les normes de qualité de l’air fixées par l’OMS au lieu de celles de l’Union européenne. D’après Christophe Degrave, les normes de l’OMS sont en effet bien plus strictes puisqu’elles ne prennent en compte que l’aspect santé. Il ajoute : « Il est indiqué dans l’accord de gouvernement que les normes de l’OMS sont un objectif à atteindre. » Concernant la mesure des polluants, « Dans les quatre années à venir, il est prévu d’installer au minimum deux nouvelles stations de mesure par an en Région bruxelloise. »

Pour Christophe Degrave, la priorité est de continuer d’agir sur la mobilité et sur l’isolation et la performance énergétique des bâtiments. « A partir du moment où on aura ça, je pense qu’on sera déjà loin dans l’objectif. »

La bataille contre la pollution atmosphérique à Bruxelles est loin d’être gagnée, mais elle est en marche. Un petit pas, mais un pas significatif sur le long chemin de la transition écologique.

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