Eco-anxiété: Quid de la Belgique?

Panique. Anxiété. Peur de l’effondrement du monde due au changement climatique; un terme épistémologique existe: l’éco-anxiété. En Belgique, des éco-psychologues proposent une thérapie afin d’apaiser celle-ci. Que dire de l’anxiété belge? Expertise.

Anxiété: Du latin angŭstĭa, proprement « resserrement », « difficulté, gêne, situation critique », est un mal-être connu de notre ère. Quand il s’agit de l’avenir de la civilisation qui s’effondre selon des catastrophistes comme Yves Cochet ; l’angoisse climatique créé un rapport conflictuel avec la nature.

En Belgique, il n’y a pas encore de sondage, ni de statistiques précises quant au taux d’anxiété écologique exacte. Néanmoins, la psychologie et en particulier l’éco-psychologie tente une analyse et une guérison. Le traitement s’opère par entre autres une écoute analytique et une écoute des blessures de l’enfance, de l’inconscient et/ou une approche corporelle. Certains patients ont besoin entre autres de psychanalyse intégrative car « cette éco-anxiété peut-être en lien avec des blessures d’enfance voire de naissance » d’autres vont essayer de retrouver un contact la nature notamment avec le talk and walk. il s’agit de marcher en prenant les propositions que la nature peut nous suggérer.

Une prise de conscience supplémentaire

La discipline étant assez récente. Il est tentant d’essayer d’établir quelles seraient les conditions, environnement ou culture qui favoriseraient ce mal être. Il s’agirait de personnes de tous âges, des adolescents mais surtout des adultes. « Quand j’y pense il me semble qu’il s’agit de personnes qui ont fait des études supérieures ou universitaires qui prennent davantage conscience de cette réalité »

L’éco-anxiété serait alors liée à la prise de conscience ? « oui et non car l’anxiété est présente chez tous et de manière souvent inconsciente mais l’éco-anxiété est une prise de conscience supplémentaire liée au changement climatique  » Une région géographique particulière est eco-anxieuse: La Belgique. En effet, la sensibilisation et l’éducation depuis le début de la scolarisation créé une conscience génératrice de ce mal être.  » en France, il y a plus de rationalité donc moins d’éco-anxiété. la Belgique est fortement ancrée dans le réseau de transition.

Chez nous, selon un sondage mondial dévoilé par Le soir, un Belge sur quatre a des doutes concernant le changement climatique. »Derrière le déni il y a plein de sentiments, le plus pré-dominant de ceux-ci est la tristesse » Dés lors, en rejoignant cette tristesse on peut rejoindre un désir de changement.

Anxiété ou éco-anxiété?

L’origine même de l’éco-anxiété est ambiguë. S’agit-il de l’anxiété qui génère le trauma écologique ou le trauma écologique qui génère l’anxiété?

Il s’agit des deux. Les problèmes écologiques créent l’anxiété. les personnes anxieuses au départ seront plus sensibles à l’éco-anxiété. En effet, ce n’est souvent pas que lié à l’écologie en soi. Il s’agit plus souvent d’une corrélation avec le vécu de la personne. Ainsi, une personne obsessionnelle va être aussi en doute écologique. « Ce qui se passe est lié à notre histoire, il faut se reconnecter à notre force de vie avant qu’elle n’ait été modelée par l’éducation. « 

Une sortie de secours?

Il est possible de sortir de l’éco-anxiété. De plus, en sortir est fortement conseillé car l’anxiété mène à des passages à l’acte irréfléchis. Cela dit, la difficulté est telle que l’anxiété est une règle d’exception dans les sentiments ; c’est à dire que les sentiments en question ont besoin d’être écoutés. Mais l’anxiété ressentie est difficilement communicable. Il faut donc ouvrir la communication, apaiser l’angoisse pour en voir l’origine. On peut dés lors revenir à un état de plus serein et donc plus créatif. « L’ennui avec l’éco anxiété c’est qu’on se retrouve seul à essayer de changer les choses et donc qu’on se sent seuls car pas de changement. Il faut penser de manière plus collective sociale et politique. »

Michel Maxime Egger, sociologue, remarque une corrélation entre notre société de consommation ( le consumérisme) et l’addiction : un cercle vicieux où se créé des besoins; ce qui engendre un éloignement de la nature et de nos besoins primaires. Les publicitaires l’ont bien compris: le green washing est une technique très prisée pour atteindre les consommateurs de notre ère.

Anticipation positive?

Au niveau collectif, une mise en place d’un réseau de soutien au transitionneurs est en cours. Des formations en éco-psycholgies voient le jour. La demande augmente. Les patients ont alors le plaisir d’échanger et d’être compris là où ils ont pu recevoir un rejet et une l’incompréhension des thérapeutes ; d’où l’intérêt d’une formation.

Quel message peut-on transmettre aux éco-anxieux? : »Regardez la nature, allez vous promener connectez vous avec vous même, avec vos sentiments, avec les autres; regarder est une aide en particulier, ouvrir son regard, la vue est un sens très utilisé ainsi regarder autour de soi, le passage, la nature se connecter avec le soleil est l’une des premières choses à faire.« 

Un moteur

En janvier passé, l’activiste connue mondialement Greta Thunberg disait « je ne veux pas que vous désespériez je veux que vous paniquiez » l’éco-anxiété peut-être un moteur ? L’anxiété n’est pas un moteur dans le sens où la panique mène a des actes irréfléchis, la honte non plus n’est pas un moteur. » Ce n’est pas en rendant les gens honteux, coupables, paniqués et anxieux que les choses vont changer. Ces sentiments ne permettent pas d’avancer.  »

Le discours très médiatisé de l’activiste Greta Thunberg à L’ONU en janvier 2019

D’après une étude menée pour le compte de Solidaris, un Belge sur dix souffre d’un mal être permanent. La guerre contre l’angoisse bat donc encore son plein. La mise en place des réseaux de soutien aux transitionneurs et l’extension de la formation en éco-psychologie démontre une prise en charge naissante. Une balade dans la forêt, un rayon de soleil dans la rétine pour se sentir mieux, parler, échanger. Serait-ce ces choses simples qui nous aideront à retrouver du concret dans ce monde en pleine transition écologique?

Yves Cochet; collapsologue

ASBL prenant en charge réseau de transition

Pablo Servigne

Ekin Corapci -étudiante en communication- ISFSC

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