Les énergies renouvelables, le futur des Bruxellois ?

Pour endiguer et diminuer l’impact du réchauffement climatique sur notre planète et notre société, les énergies renouvelables apparaissent à ce jour comme une des solutions. Le problème ? Des coûts parfois jugés trop importants et une accessibilité relative. La pose de panneaux photovoltaïques est la première chose qui vient à l’esprit de la plupart des gens mais il existe aussi des éoliennes domestiques, plus petites que les éoliennes des fournisseurs d’électricité, davantage adapté aux particuliers.

De plus en plus de panneaux photovoltaïques sur les toits bruxellois
Par sferrario1968 (30/06/15)
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La Belgique dépend toujours grandement des énergies fossiles et non renouvelables. Sa production d’électricité est à 39 % d’origine nucléaire et 35,4 % d’origine fossile (gaz et pétrole) pour l’année 2018. La production totale s’élevait à 69,2 TWh et donc 51,5 TWh (74,4 %) de non renouvelables. Malgré une légère diminution de la consommation d’électricité dans notre pays de 2017 à 2018 (2,42 %) et une réelle augmentation de la part du renouvelable (6 % en 2010 à 15 % en 2018), le chemin à parcourir reste long pour atteindre 100 % de renouvelable. A Bruxelles, la production totale d’électricité d’origine renouvelable en 2017 a été de 169 GWh et de 90 GWh de chaleur sur une consommation totale de 21621 GWh.

Accord et obligations

Après la COP21 qui a rassemblé 195 pays en 2015, un accord a été trouvé et des objectifs ont été validés pour limiter le réchauffement planétaire entre 1,5 et 2°C d’ici 2100. Malgré la décision de l’administration américaine du retrait des Etats-Unis en juin 2017, des objectifs et un accord jugés pas assez ambitieux par certaines ONG, la conférence est un pas de plus vers un monde plus écologique avec des énergies renouvelables qui ont toutes leurs places.

Comme les états, les communes bruxelloises ont des obligations écologiques à tenir. Bruxelles Environnement est un acteur de choix en la matière et mène beaucoup d’actions pour la promotion des énergies renouvelables et de plus veille à l’accessibilité des énergies renouvelables pour les citoyens.

Le photovoltaïque s’impose

Le photovoltaïque s’est imposé à Bruxelles vu la surface réduite de la région, son efficacité et sa rentabilité. Bruxelles possède 20 millions de m² de toit à haut potentiel solaire. Au contraire des éoliennes domestiques pour lesquelles il faut des espaces importants. En effet, l’installation d’une éolienne sur un toit nuit à son efficacité et mène à une génération énergie faible. De plus l’urbanisation perturbe le vent. En ce qui concerne les autres types d’énergies renouvelables, Minh Châu Bui, chargée de communication à l’asbl APERe qui travaille sur les énergies renouvelables résume la situation : «à Bruxelles, il n’y a pas le terrain pour construire des éoliennes, pas de chute d’eau pour faire de l’hydroélectricité, pas de ferme pour faire de la biométhanisation».


Comment fonctionne les panneaux solaires et quels en sont les avantages

Combien ça coûte ?

D’après Minh Châu Bui, le coût de panneaux photovoltaïques pour une maison classique est de plus ou moins 3000 à 4000 € en sachant que ces panneaux coûtaient 4 fois plus cher il y a 10 ans mais le coût de l’installation reste stable. La période nécessaire pour que ceux-ci soient rentables est de 7 ans, ce qui est garanti par Bruxelles Environnement en modifiant la quantité d’aides accordées en fonction des prix du marché. Malgré cela, 3000 à 4000 € restent un investissement important pour la plupart des Bruxellois et compromettent l’accessibilité de ces installations.

Pour contrecarrer le coût qui pourrait être un frein, l’entreprise Brusol, installateur de panneaux photovoltaïques à Bruxelles avec d’autres concurrents en partenariat avec Sibelga et Bruxelles Environnement propose ses installations gratuitement. L’entreprise reste propriétaire des installations pendant 10 ans et après ce délai, elles reviennent au propriétaire du toit. Brusol se rémunère grâce aux certificats verts qui sont des aides régionales pour le développement du photovoltaïques et de la cogénération. Il y a 3 certificats verts pour chaque mégawatt produit, ce qui représente plus ou moins 90 € par certificat vert. Cependant, Brusol reste une entreprise avec une logique marchande. Dans certains cas, elle n’acceptera pas des installations à cause de la configuration des toits qui rend les installations plus complexes et donc moins rentables qu’avec des toits classiques à cause des coûts supplémentaires. De plus, les certificats ne sont plus accordés en Wallonie et en Flandre pour les nouvelles installations depuis 2014. Bruxelles fait toujours exception mais n’est pas à l’abri d’un changement de législation.

Malheureusement, Minh Châu Bui ajoute que le problème du coût n’est pas le seul à prendre en compte en ce qui concerne l’accessibilité car beaucoup de bâtiments à Bruxelles sont des copropriétés ou des immeubles à appartements. En bref, un locataire qui souhaite voir l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de son immeuble ne peut rien faire s’il n’a pas l’accord du propriétaire. Pour régler cette situation, l’APERe, une asbl créée en 1991 qui soutient et conseille les citoyens et les collectivités vers une société plus écologique grâce aux énergies renouvelables, joue le rôle de médiateur et a une mission d’éducation pour sensibiliser la population. Dans ce cas, les propriétaires réticents.

Le partage, c’est bon pour le moral et le porte-monnaie

Si le choix du renouvelable est fait avec notamment l’installation de panneaux photovoltaïques, il y a des possibilités pour les prosommateurs, les personnes qui produisent et consomment de l’électricité comme les propriétaires de panneaux photovoltaïques, de vendre leur surplus d’électricité à leurs voisins ! En effet, deux projets pilotes d’autoconsommation collective ont été lancés à Ganshoren et Forest. Le principe ? Les citoyens ou les communes possédant des bâtiments équipés de panneaux photovoltaïques peuvent revendre directement l’énergie produite à leurs voisins et au quartier.

D’après Minh Châu Bui : «ces initiatives permettent de créer des communautés d’énergie et de repenser totalement notre rapport à électricité». Au-delà des gains financiers pour les prosommateurs et les voisins qui profitent de cette électricité, ces projets ont aussi un rôle social en «reconnectant», littéralement, les habitants d’un quartier entre eux. Qui plus est, en Wallonie, le régulateur d’énergie CWApE veut mettre en place une redevance pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques à cause de leur utilisation du réseau. Peut-être un argument de plus pour ce genre de projet.


Vidéo explicative sur l’autoconsommation collective

Un monde politique bruxellois à l’écoute

Après la montée fulgurante du parti Écolo aux dernières élections avec 21,6 % des voix et une augmentation de 11,1 % par rapport à 2014, un signal a été donné par la population bruxelloise. Saint-Gilles, Forest, Auderghem, Watermael-Boitsfort, Ixelles et Etterbeek sont passées au pavillon vert. Selon Minh Châu Bui : «les communes écolos sont beaucoup plus demandeuses, elles viennent vers nous en disant : on a des objectifs et on a besoin de votre expertise» . Il y a donc un intérêt de la part des pouvoirs publics pour le renouvelable, son accessibilité et sa mise en place à Bruxelles.

Pour finir, une source d’énergie s’impose à Bruxelles : le photovoltaïque pour tous les avantages cités ci-dessus. Si tous les toits à haut potentiel solaire étaient utilisés, il serait possible de produire 2000 GWh d’électricité par rapport à une consommation de 5200 GWh en 2017. Ça représente 38 % de la consommation électrique de la région. Une question se pose : qu’est ce qu’attendent les Bruxellois ? Sans doute une meilleure information. L’asbl APERe y travaille chaque jour et continue de sensibiliser la population à ce sujet. Malgré tout, grâce aux efforts de tous les acteurs du secteur du renouvelable, un avenir positif se profile pour l’adoption des énergies renouvelables dans la capitale de l’Europe, étape indispensable à la transition écologique avec l’électricité verte.

Pour en savoir plus …

Ibrahim Molough, 20 ans, étudiant en Bac 1 communication à l’ISFSC

Après la secondaire j’ai trouvé ma voie dans la communication. J’aime rédiger et partager ce que je sais avec les autres.

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