Bruxelles, à la poursuite d’un air moins pollué

La pollution atmosphérique, un problème environnemental et de santé publique. A Bruxelles, la priorité est d’agir sur la mobilité et l’habitat. Trafic routier et chauffage des bâtiments sont en effet largement mis en cause. Diverses propositions existent pour améliorer la situation. Toutefois, il reste encore bien des efforts à fournir pour prétendre à un air sain.

© Hüweler Noémie 2019
Rue de la Loi à Bruxelles : un lieu où la pollution atmosphérique due au trafic routier est très intense

Maladies respiratoires, cardiovasculaires, cancers,… La pollution atmosphérique tue chaque année plus de 600 personnes dans la capitale.

Ces dernières années, une série d’initiatives ont été lancées. Et quelques améliorations ont pu être observées. Toutefois, le combat n’est pas encore gagné, comme en témoigne Christophe Degrave, analyste de la qualité de l’air pour la Cellule Interrégionale de l’Environnement (CELINE). « Ça s’améliore, nous sommes en bonne voie. Cela fait quelques années qu’on constate qu’il y a de moins en moins d’épisodes de pics de pollution. Pour toute une série de polluants, la situation est bien meilleure qu’avant, que ce soit pour les particules fines (PM10 et PM2.5), pour le dioxyde de soufre (SO2) ou pour le plomb (Pb). Avant, il y avait beaucoup de plomb dans l’air. Aujourd’hui, SO2 et plomb ont quasiment disparu. Mais il reste le gros problème du dioxyde d’azote (NO2), principalement émis par le diesel. On peut encore faire mieux pour les particules fines point de vue normes OMS. »

Le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10 et PM2.5) constituent les polluants les plus problématiques. La faute au trafic routier pour le premier, et au chauffage des bâtiments pour les secondes.

Informer et sensibiliser

La lutte contre la pollution de l’air nécessite un changement des mentalités. Pour y arriver, il faut commencer par informer et sensibiliser les citoyens. Lorsque l’on demande à Christophe Degrave si les Bruxellois sont suffisamment sensibilisés à cette problématique, il répond : « Beaucoup plus qu’avant. Avant, la situation était bien plus grave et on n’en entendait pas parler. Maintenant, quand on demande aux gens si la qualité de l’air s’améliore ou se dégrade, ils pensent qu’elle se dégrade tellement on en parle. » Le ton dramatique adopté par les médias n’est sans doute pas étranger à cette impression.

De nombreux sites internet permettent au grand public de s’informer. La page « Qualité de l’air » de Bruxelles Environnement ou le site de CELINE proposent un suivi de la qualité de l’air en temps réel.

Encourager une mobilité douce, partagée et pourquoi pas électrique

Selon le spécialiste Christophe Degrave, le diesel reste le gros point noir. Il faut renoncer à la voiture à moteur thermique au profit d’une mobilité davantage respectueuse de l’environnement. Pour y parvenir, un maximum d’alternatives moins polluantes doivent être proposées.

La marche à pied et le vélo demeurent les modes de déplacement les plus écologiques, à consommer à volonté. A Bruxelles, de plus en plus de pistes cyclables sont aménagées. A l’heure actuelle, la capitale compte 72 km de pistes cyclables.

L’utilisation des transports en commun est fortement mise en avant. Cependant, les organismes qui luttent pour un air plus sain sont unanimes : l’offre de transports en commun doit être améliorée.

Des parkings « Park & Ride (P+R) » ont été installés en périphérie pour désencombrer la ville. Ils offrent un accès direct aux transports en commun et permettent ainsi de se rendre au centre-ville sans voiture. Pour l’instant, ils sont au nombre de sept, et d’autres sont prévus dans le futur.

Des véhicules partagés (vélos, voitures, trottinettes), pour la plupart électriques, font désormais partie du paysage de la mobilité bruxelloise. Toutefois, d’après Christophe Degrave, pour que les véhicules électriques soient réellement plus écologiques, la production, la recharge et le recyclage des batteries doivent se faire de manière plus « propre ». A cela s’ajoute l’importance de mettre à disposition davantage de bornes de recharge. Elles sont trop peu nombreuses aujourd’hui et cela empêche peut-être certains de franchir le pas vers l’électrique.

Exit les moteurs thermiques : la zone de basses émissions

Afin d’agir sur la pollution due au trafic routier, une solution plus radicale a été mise en place : la zone de basses émissions de la Région de Bruxelles-Capitale (LEZ). Instaurée le 1er janvier 2018, la LEZ interdit la circulation des véhicules les plus polluants. Au fil des années, les critères d’accès à cette zone se feront de plus en plus stricts. Les véhicules au diesel seront interdits d’ici 2030. Et en 2035, ce sera au tour des véhicules à essence et au LPG.

Rénover et respecter les normes de construction

Concernant le chauffage et la mauvaise isolation des bâtiments, principales causes des émissions de particules fines, comment agir? A cela Christophe Degrave répond : « Il faut favoriser la rénovation et avoir des normes de construction. Vraiment favoriser tout ce qui est logement des personnes les plus démunies. C’est là aussi que la consommation énergétique est la plus forte. Et puis tout ce qui est secteur tertiaire, tous les bâtiments de bureaux. Avoir aussi une législation qui fait qu’on oblige à avoir des bâtiments exemplaires et une consommation réduite. »

Le service Homegrade guide gratuitement les Bruxellois dans leurs efforts d’amélioration de leur logement. Par ailleurs, différentes primes existent pour encourager la rénovation. Le prêt vert, par exemple, permet de financer jusqu’à 25 000 euros de travaux d’amélioration énergétique. Enfin, dans le Plan National Energie-Climat, le gouvernement bruxellois s’engage à amorcer la sortie du mazout dès 2025 et la sortie du gaz naturel dès 2030.

A l’évidence, un certain nombre d’initiatives ont été mises en place. Toutefois, il y a encore du pain sur la planche. Il faut avant tout accélérer l’exclusion des substances polluantes. Hors mobilité et habitat, deux grandes améliorations sont attendues : mieux mesurer les émissions polluantes et imposer les normes de qualité de l’air fixées par l’OMS au lieu de celles de l’Union européenne. D’après Christophe Degrave, les normes de l’OMS sont en effet bien plus strictes puisqu’elles ne prennent en compte que l’aspect santé. Il ajoute : « Il est indiqué dans l’accord de gouvernement que les normes de l’OMS sont un objectif à atteindre. » Concernant la mesure des polluants, « Dans les quatre années à venir, il est prévu d’installer au minimum deux nouvelles stations de mesure par an en Région bruxelloise. »

Pour Christophe Degrave, la priorité est de continuer d’agir sur la mobilité et sur l’isolation et la performance énergétique des bâtiments. « A partir du moment où on aura ça, je pense qu’on sera déjà loin dans l’objectif. »

La bataille contre la pollution atmosphérique à Bruxelles est loin d’être gagnée, mais elle est en marche. Un petit pas, mais un pas significatif sur le long chemin de la transition écologique.

Pour en savoir plus…

Voyage à Punta Cana

Noémie Hüweler, 20 ans, étudiante en communication à l’ISFSC.

Passionnée par la mode et les voyages, j’aimerais allier les deux dans mon futur métier de communicante.

© Hüweler Noémie 2019

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