13% de l’énergie issue du renouvelable pour 2020, réaliste ?

Nous nous rapprochons de plus en plus de la date fatidique de l’objectif que la Belgique s’est vue attribuer pour 2020, à savoir 13% de l’énergie consommée finale brute qui proviennent du renouvelable, mais y arrivera-t-elle ? 

Actuellement, nous ne l’avons pas encore atteint. Nous étions à 11% fin 2018 et selon, Benjamin Wilkin, directeur général de l’association APERe, nous atteindrons probablement 12,5% fin 2020.

Cet objectif a été mis en place par la Directive européenne en 2009. Chaque pays a reçu un pourcentage individuel à atteindre qui rentre dans un objectif global européen qui est de 20%. En 2016, 11 pays membres avaient déjà rempli leur devoir et la Suède était en tête avec un pourcentage de 53,8% pour un objectif demandé de 49%. 

L’évolution du pourcentage d’énergies renouvelables dans l’Union européenne en 2017. © Eurostat

Au sein de l’Union européenne, les objectifs demandés pour chaque pays ne sont pas les mêmes. En effet, le niveau d’avancement en faveur de la transition énergétique peut parfois cacher un fossé entre certains pays membres. Il n’est, dès lors, pas rationnel de demander le même objectif à chaque pays. En effet, si nous prenons la Suède comme exemple, . « c’est grâce à sa mise en place de politiques gouvernementales variées qu’elle a réussi à développer son efficience énergétique et à accroître sa part d’énergies renouvelables dans sa consommation d’énergie primaire » d’après une étude d’Edmond de Rothschild.

Cela rejoint l’avis de Mr Wilkin. Selon lui, la situation actuelle en Belgique est due essentiellement à un manque de vision et de compréhension de notre gouvernement. 

« Si j’avais une baguette magique, je transférerais la partie de mon cerveau qui comprend, qui voit les perspectives de l’énergie possible de demain, dans le cerveau des différents représentants politiques. »

Qu’est-ce que les pays ont du faire concrètement?

L’énergie renouvelable est l’énergie la plus propre. En effet, elle est bénéfique pour la santé puisqu’elle n’émet pas de CO2 et de particules fines dans l’atmosphère. Elle est également bénéfique pour le climat, l’environnement et la biodiversité car elle est faite de matériaux recyclables. 

L’Europe souhaitait principalement que les pays membres mettent en place des systèmes de soutien à leur production. Si elle voulait cela, c’est à cause de l’investissement nécessaire à la production d’énergies renouvelables. En effet, la caractéristique du renouvelable est que pratiquement l’entièreté de son coût est à l’achat du système, explique Mr Wilkin. 

L’APERe, une association belge parmi de nombreuses qui promeut le renouvelable 

L’association Apere a été fondée en 1991 et sa mission est d’accompagner les citoyens vers 100% d’énergies renouvelables, durables et solidaires. 

L’association APERe a été fondée en 1991 et sa mission est d’accompagner les citoyens vers 100% d’énergies renouvelables, durables et solidaires. 

Le marché du renouvelable a commencé à se développer vers les années 2000 et depuis il ne fait que progresser. L’asbl travaille avec des collectivités locales . 

Mais qu’est ce que la Belgique a mis en place afin d’atteindre ce pourcentage ? 

Tout d’abord, il faut savoir que lorsqu’on parle d’énergies renouvelables, cela inclut l’énergie éolienne, solaire (thermique, photovoltaïque et concentrée), hydraulique, marémotrice, géothermique, les biocarburants et la chaleur ambiante captée par les pompes à chaleur. 

Pour l’instant, la production de ces énergies vertes provient principalement des panneaux solaires photovoltaïques, avec une production de 4 000 MW, l’éolien onshore (terrestre) avec 2 012 MW et 1 178 MW d’éolien offshore (en mer). Ces données viennent du magazine Expresso n°11.

En Belgique, malgré notre faible pourcentage de transition énergétique, de nombreux projets vont voir le jour. En voici quelqu’uns.

La vie en parc zoologique. Photo by Robert Tjin Tjoen Lim on Unsplash

PAIRI DAIZA, un parc zoologique situé dans la province du Hainaut, est en train de construire un parking équipé de panneaux photovoltaïques. D’ailleurs ce sera le plus grand au monde ! 

Il y aura 62.750 panneaux et ils permettront d’alimenter toute la consommation électrique du parc. 

Au total, l’installation produira 20.000 Mega Whatt par an et permettra d’alimenter tout le parc. Le surplus produit servira pour les voitures électriques des visiteurs ou sera réintroduit dans le réseau public. 

Selon Mr Wilkin, il serait possible de faire plus de 10 parkings de ce type en Belgique. Pour obtenir ces données, il s’est basé sur une étude française. Cette étude a analysé toutes les zones de friche de son pays pour connaitre la surface disponible. Notre spécialiste a ensuite transféré ce chiffre à la taille de la Belgique. C’est donc approximatif. 

À Mons, un projet permettant d’alimenter entièrement l’hôpital Ambroise Paré et des bâtiments voisins verra le jour à la fin de l’année 2020. En effet, sous le parc des Ursulines se trouve une nappe d’eau chaude. Grâce à la construction de deux puits géothermiques, cette eau chaude créera de l’énergie.

Du côté de la mer du Nord, de nouvelles installations vont voir le jour. À l’heure d’aujourd’hui, l’état belge compte 9 parcs éoliens : 4 qui sont opérationnels, 3 en construction et 2 qui sont encore en projet. 230 éoliennes seront en place pour une puissance de 2200 MW en 2020.

Il faudra apprendre à vivre autrement avec le renouvelable 

En utilisant les énergies renouvelables, les citoyens devront apprendre à utiliser l’énergie différemment. C’est une énergie propre, mais la stocker en grande quantité n’est pas bénéfique et couterait très cher. En effet, le stockage utiliserait des ressources naturelles et beaucoup d’espace. Ce n’est pas le but du renouvelable. Il faut donc apprendre à diminuer notre consommation d’énergie et à beaucoup l’utiliser quand elle est disponible. C’est tout l’inverse de notre mode de vie actuel. 

Acheter de l'électricité verte, locale et citoyenne c'est comme acheter bio, locale et de saison… Parce que le circuit…

Publiée par APERe asbl sur Lundi 9 décembre 2019

Malgré le fait que la Belgique se soit mobilisée pour honorer son objectif de 2020, elle aura du mal à l’atteindre. D’après la ministre fédérale de l’Energie, Marie-Christine Marghem, « le délai est court et il y a encore beaucoup d’efforts à faire ».

Une sanction pourrait alors être mise en place. Les pays n’ayant pas atteint leur pourcentage pourraient, via un accord de coopération, racheter leur pourcentage manquant aux Etats membres qui l’ont dépassé. 

Une sanction pourrait alors être mise en place. Les pays n’ayant pas atteint leur pourcentage pourraient, via un accord de coopération, racheter leur pourcentage manquant aux Etats membres qui l’ont dépassé. 

« Il va falloir accélérer par rapport à ce qu’on a déjà fait mais, étant donné la base solide que l’on a maintenant, économiquement parlant cela ne devrait pas poser problème. » c’est le message que révèle notre expert. En effet, nous l’avons vu, le plus cher pour produire des énergies renouvelables est l’investissement de départ.

#cop25 #belgique

Publiée par Pierre Kroll sur Samedi 14 décembre 2019

Un nouveau mode de vie est en train de se mettre en place, il ne reste plus qu’à se mobiliser pour. 

Pour en savoir plus

https://www.allnews.ch/sites/default/files/20190327_EdR_Periodique_Transition_energetique.pdf

https://ec.europa.eu/clima/policies/strategies/2030_fr

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-energies-renouvelables-progressent-dans-l-union-europeenne-mais-la-belgique-reste-a-la-traine?id=10161129

Thelma SCHALLER

Etudiante en 1ère année à l’ISFSC – Communication

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