Le zéro déchet : du positif pour l’écologie

De nos jours, les ménages belges produisent de grandes quantités de déchets. Celles-ci polluent la planète. Face à cela, une nouvelle tendance a récemment vu le jour : le zéro déchet. Certains l’ont déjà adopté. Des associations se créent à Bruxelles et les astuces ne manquent pas.

Cette tendance permet de réduire quotidiennement la production de déchets. Autant chez les particuliers que dans les entreprises. Elle met en avant le recyclage, la réutilisation et tente d’éviter les objets à usage unique et la surconsommation ou production de matières premières. Elle est bénéfique tant écologiquement qu’économiquement pour chacun. En effet, réduire sa consommation, c’est diminuer ses dépenses. Puisqu’adopter le zéro déchet, c’est apprendre à réutiliser des objets qui sont habituellement jetés après une utilisation alors qu’en réalité ils seraient très utiles à d’autres fins. C’est aussi apprendre des petites recettes peu coûteuses pour la vie de tous les jours.

Les ordures ménagères sont nocives pour l’environnement, mais aussi pour la santé publique. En 2017, Bruxelles Propreté a déclaré avoir récolté environ 168 474 tonnes de déchets destinées au recyclage ou à la revalorisation. Mais a précisé que ce nombre est en baisse. Certains ménages parviennent à se limiter à une seule poubelle par semaine. C’est en partie grâce à une conscientisation effectuée par des ASBL et certains experts, mais également grâce à la tendance zéro déchet prenant de plus en plus d’ampleur. Un salon zéro déchet a d’ailleurs été mis en place à Bruxelles pour sensibiliser et informer la population. L’année passée, il avait attiré plus de 10.000 personnes. Cette année, le nombre d’ateliers a triplé et l’espace utilisé était deux fois plus grand. Les participants étaient motivés. Des stands étaient tenus par des personnes qualifiées et formées ainsi que des auto-entrepreneurs. Ils ont répondu aux questions des intéressés. On a pu y apprendre les techniques à utiliser pour un changement de vie progressif. Après la visite, les personnes mieux informées ont montré un certain engouement et une vision très optimiste de ce changement.

Du mouvement au sein de la capitale

À Bruxelles, des ASBL voient le jour depuis quelques années avec des projets ambitieux et l’envie de faire bouger les choses. L’une d’entre elles, Fruit Collect, est un bon exemple illustrant la grande volonté de quelques particuliers.

En effet, le zéro déchet ne s’applique pas qu’aux emballages. Cela concerne également l’alimentaire. Le responsable de Fruit Collect, Maxime Niego, a développé son projet depuis le jardin de ses parents, il y a 4 ans. Son but est de récolter un maximum de fruits et légumes chez les habitants désireux de se débarrasser du surplus provenant de leur jardin. Des bénévoles les ramassent pour ensuite les distribuer gratuitement à des bénéficiaires. Puis, l’ASBL utilise une petite partie à des fins commerciales (sous forme de jus de fruits pressés qu’ils revendent, par exemple). Fruit Collect dégage des bénéfices qui servent à rémunérer les personnes qui travaillent et aussi à financer l’essence, l’achat de camionnettes, etc.

L’ASBL, pour rester dans cette optique zéro déchet, emploie majoritairement du matériel de récupération sauf là où les réglementations d’hygiène l’en empêchent. Monsieur Niego part du principe que toute personne souhaitant mener à bien un tel projet, peut y arriver avec la volonté de se former et en y allant progressivement. Selon lui, parfois, les gens n’imaginent pas à quel point chaque geste compte. Chacune de leurs actions peut aider à faire évoluer la société, que ce soit vers le zéro déchet ou autre. Fruit Collect en est la preuve et ce ne sont pas les seuls. D’autres ASBL comme Lilie Dans Les Étoiles ou Alma Sana ont vu le jour à Bruxelles et pratiquent le zéro déchet.

Des techniques simples et efficaces
Objets réutilisables et biodégradables permettant de limiter la production de déchets. Par RikaC (22 mai 2019), Pixabay License.

Les personnes souhaitant s’y mettre peuvent apprendre plusieurs recettes pour fabriquer leurs propres produits ménagers ou cosmétiques. Elles ont la possibilité de réutiliser leurs textiles usés, décolorés… pour leur donner une seconde vie. Il existe aussi des magasins en vrac où l’on peut acheter la quantité nécessaire de nourriture, sans gaspillage et l’emporter dans un contenant réutilisable.

Le zéro déchet avec un bébé, ou un animal de compagnie est possible. Les parents peuvent se procurer des couches ou des coussinets d’allaitement lavables et fabriquer leur propre liniment avec des produits naturels. En ce qui concerne les animaux de compagnie, les maîtres peuvent acheter des croquettes en vrac, ou bien dans des sacs en papier plutôt que dans les sacs en plastique habituels. Il est aussi conseillé d’adopter des poules. Elles permettent de limiter les déchets organiques tels que les épluchures de fruits et légumes. Elles mangent même celles des pommes de terre à condition que celles-ci soient cuites.

Côté textile, réutiliser de vieux vêtements n’est pas compliqué. Par exemple, l’association Sew&Laine rassemble des chaussettes pour en faire des doudous. Concernant l’hygiène, il existe dans le commerce des lingettes démaquillantes lavables ainsi que des cups menstruelles, etc.

Ce n’est pas tout. La cuisine est l’endroit où les astuces sont les plus nombreuses. Du verre au bambou en passant par le tissu, les contenants tels que les bocaux, lunch box, boites à thé ou café y prennent beaucoup d’importance. Pour emporter ses tartines au travail ou à l’école, un grand carré de tissu coloré avec des pressions pour fermeture fait très bien l’affaire. Une gourde pour emporter sa boisson, une boite à collations pour ses fruits ou biscuits…

moyens mis en place à Bruxelles : suffisants ?

Pour Maxime Niego, il y a deux vitesses au zéro déchet. « Je ne pense pas qu’il y ait assez de promotion et de sensibilisation. Quand vous allez dans un snack ou une épicerie du quartier, on va vous donner un sac en plastique et si vous avez plus de moyens vous avez accès aux restaurants « Good Food ». Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne stratégie. » En ce qui concerne la publicité : « Je ne vois pas beaucoup de chaînes publiques qui publient des messages à ce niveau-là. Donc les moyens mis en œuvre sont limités voir inexistants pour toucher un grand public ».

Selon lui, Il faudrait des mesures politiques telles qu’un kit avec des tupperwares distribué à chaque ménage. « C’est au niveau des communes qu’on peut changer les choses. », rajoute Maxime Niego. D’après lui, il existe deux publics, l’un est privilégié et l’autre n’a pas accès ou peu à l’information. C’est pour cela qu’il organise des activités entre bénévoles et bénéficiaires permettant d’instruire ce deuxième public. Il leur permet d’assister à des « sorties nature » enrichissantes.

En somme, le zéro déchet est une tendance en voie d’expansion. Celle-ci est accessible à tous. Son but : diminuer la production de déchets et à plus grande échelle, réduire les gaz à effet de serre. Il s’agit d’une solution parmi tant d’autres menant à une transition écologique. Pleine de ressources et d’astuces, cette pratique n’est ni coûteuse ni compliquée au quotidien. Les pouvoirs publics encourageront-ils les citoyens à opter pour cette solution ?

Brancato Alessia, 19 ans (Bac 1 communication, ISFSC)

J’aime écrire, m’informer et voyager.

©Emond Eléonore, 2017

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