TRANSITION ECOLOGIQUE, NOUVELLE PERSPECTIVE POUR EVERE

NOUVEAU PLAN COMMUNAL DE DEVELOPPEMENT POUR EVERE, UN NOUVEL HORIZON POUR LA COMMUNE BRUXELLOISE?

Le 8 décembre 2020 Le conseil communal d’Evere adopte son nouveau (PCD) plan communal de développement dont les objectifs sont d’intégrer les nouveaux besoins et de rencontrer les attentes des citoyens. Le (PCD) n’avait pas été réarrangé depuis 2005! Depuis la population d’Evere à augmenté fortement. Ont donc été instaurés des nouvelles lignes d’orientation, aller vers une urbanisation modérée, lutter contre la précarité et la dualisation socio-spatiale et finalement maintenir la qualité du cadre de vie développé “Evere, une commune durable tournée vers l’avenir”. La Commune évolue dans un contexte d’expansion démographique importante avec 42 656 habitants au total. Un véritable défi qui demandera inventivité et responsabilité aux constructeurs en immobilier.

Evere se réinvente peu à peu

Maison communale d’Evere, © Jérôme Warichet 19 Décembre 2020

La commune tente de donner le ton avec une certaine conscience de la nécessité de réduire les émissions CO2. Evere se réinvente peu à peu grâce à des initiatives soutenues par le faible budget attribué par Bruxelles Environnement. Il existe chez les élus au conseil communal une conscience générale pour la réduction de l’empreinte CO2 de la commune, Les nouveaux bâtiments construits sous la tutelle de la commune sont rénovés et développés dans une optique de neutralité écologique. Cependant cet intérêt reste assez léger et il n’existe pas encore de volonté générale de changer la manière de vivre.

Evere : le nouveau Plan Communal de Développement est activé ! – La Manchette.be

L’Environnement: Etat des Lieux 2020 | Bruxelles Environnement

Vers une agriculture raisonnée

La production et l’élevage intensif bovin est présent en Belgique et responsable d’un tas de problèmes environnementaux. Ils sont responsables du réchauffement climatique et de la destruction des champs et forêts. Il existe un tas d’alternatives en matière d’agriculture respectueuse de l’environnement et du bien être animal en Belgique. Détrompez vous, ce n’est pas un rêve, une utopie inatteignable. L’agriculture intégrée, vivrière, raisonnable sont des méthodes d’agriculture adaptées aux bon fonctionnement de l’environnement et de l’éco-système. A l’inverse de la production intensive bovine, qui pollue et est responsable des émissions de gaz à effet de serre, ce type d’agriculture serait la solution transition écologique, est-ce envisageable ?

L’agriculture dite « intégrée » ou « raisonnée », est un mode d’agriculture certes différent de l’agriculture biologique, mais respectueux des bêtes, des normes à respecter en matière d’ajout de pesticides, dont l’objectif premier serait de protéger l’environnement. L’agriculture raisonnée ou intégrée prend en compte tous les paramètres allant du besoin de l’animal aux besoin du consommateurs, avec l’utilisation d’un carnet de charge précis et succin portant sur le respect des risques sanitaire, le respect de la fertilité des terres. Certains rares producteurs belges la pratique, ou mettent en place des systèmes de production biologique afin de tendre à la transition écologique. Elle est couramment utilisée pour l’agriculture végétale, mais est applicable pour celle de la viande. Un petit pas pour les éleveurs,, un grand pour l’environnement! Catherine Rousseau, agricultrice explique : « Avec mon mari, nous avons une ferme dans laquelle avec nos 300 moutons et nos vergers, nous pratiquons l’agriculture vivrière, mettant en avant l’autosuffisance, notre production n’étant pas destinée à la distribution ou exportations quelconques. C’est une petite société, dans laquelle chacun y a son rôle. Les moutons pâturent les vergers, les abeilles nous font un miel délicieux. Certes, cela me demande beaucoup de temps et d’investissement. Mais j’estime qu’il faut passer par là étant donné l’état de notre planète, et la logique au niveau bien-être animal.« 

Catherine Rousseau est la personne que j'ai interviewé. Elle est une agricultrice Belge qui a fait des études d'agronomie, a travaillé au CRIOC qui est un centre spécialisé dans la recherche sur la consommation en Belgique. Elle pratique l'agriculture vivrière
Catherine Rousseau, agricultrice Belge. Pratique l’agriculture vivrière et raisonnée.
El koulali Sirine ©

La source du problème

La production de viande cause énormément d’émission de gaz a effet de serre, et reste l’une des causes principale du réchauffement climatique. L’agriculture pratiquée en « masse », dont le but est de distribuer le plus de produits aux chaines de vente, est une agriculture polluante et très nocive pour notre planète. Effectivement, la production de viande représente 14,5% des émissions de gaz à effet de serre, gaz qui, une fois dans l’atmosphère participe au réchauffement climatique. L’élevage en masse nécessite une consommation énorme en céréale. Les producteurs bovins nourrissent le bétail avec une quantité de soja importante, jusqu’à en être les plus grands consommateurs. Paradoxal, étant donné que Catherine rousseau précise : « Je nourris mes moutons avec l’herbe qu’ils pâturent et broutent durant la journée. Pendant l’hiver, je commande du foin chez un voisin agriculteur également. Les céréales sont là pour gaver les animaux, c’est pas cher et rempli de pesticides et d’engrais. » Presque la moitié des terres agricoles servent à cultiver l’alimentation des animaux d’élevage. La forêt amazonienne en faisant partie.

Youtube video, source Le monde

Une utopie bien réelle

Les méthodes douteuses employées par les producteurs en masse sont la source des problèmes que causent l’agriculture. Ils visent l’aspect économique, en oubliant le bien être animal. Cela passe par les tonnes d’engrais utilisés pour transformer les bêtes afin de les rendre le plus productives possible. Et c’est notre planète qui enchérit. Heureusement, certains producteurs locaux en Belgique ont l’espoir de pouvoir faire changer les choses. Souvent, ce sont des agriculteurs passionnés, travaillant en inter-dépendance avec les autres producteurs ou agriculteurs, ils mettent en place un véritable système raisonnable et intégré. Cela prend du temps, effectivement. Car la production de masse a un objectif réel : produire plus, plus vite. A l’inverse de la production intensive, l’agriculture raisonnée demande beaucoup de temps et d’investissement. « Depuis deux ans, je fais partie d’un coopérative de producteurs, c’est un métier très difficile, intense où l’on ne gagne pas bien sa vie. Se sentir seul, en tant qu’agriculteur, c’est très dur. Du coup, cette coopérative dans laquelle nous nous échangeons beaucoup, nous discutons production et devons tenir un magasin. Magasin dans lequel nous vendons tous nos produits fabriqués par nous même. C’est génial car l’inter-dépendance entre producteurs m’a beaucoup aider à évoluer dans le domaine. Je pense qu’en passant par ce type d’agriculture, tout le monde saurait y trouver son bonheur! » assure Catherine Rousseau.

Des éleveurs passionnés, veillant au bien-être de leurs bêtes, pratiquent des types d’agriculture variées pour participer à la transition écologique. Des techniques basée parfois sur l’observation du troupeau, visant à s’assurer leur bonne santé, comme le fait Julien, agriculteur français.

https://www.instagram.com/p/B2R1GXbohzB/
Vidéo trouvée sur Instagram, publiée par Brut, plateforme d’informations.

L’animal, pas qu’un morceau de viande!

La production intensive, en plus d’être l’une des causes principales des différents problèmes écologiques, tel que le réchauffement climatique et la disparition des matières premières, ne respecte pas le bien être animal. Les animaux sont entassés dans des cages durant presque l’entièreté de leurs existence. Ils sont nourri en céréales a longueur de journée afin d’être le plus gras possible. Les vaches laitières se font traire des heures durant. Les conditions de vies en élevages sont terribles : les animaux sont castré à vif, les oreilles et queues arrachées, certains animaux n’ont aucun accès à l’extérieur et beaucoup meurent bien avant le moment de abattage.

"This image or file is a work of a United States Department of Agriculture employee, taken or made as part of that person's official duties. As a work of the U.S. federal government, the image is in the public domain"
Photo d’élevage de poulets en Floride, aux Etats-Unis. Libre de droit d’usage.

L’abattage, une des luttes des agriculteurs voulant éviter au plus le traumatisme chez leurs bêtes. D’après Catherine Rousseau, « Il serait moins traumatisant et stressant pour l’animal d’être abattu chez lui, dans sa prairie. Le stress engendre une tension musculaire, ce qui rend la viande, une fois la bête abattue, moins tendre également. Parfois, les éleveurs font des heures de route pour arriver au lieu où on leur enlèvera la vie. La route est longue, les animaux n’ont jamais vécu de voyage dans un véhicule quelconque. Certains meurent de peur, tombent malade, vomissent. Pour les producteurs indépendants, c’est une situation inacceptable. » Ce voyage de la ferme à l’abattoir utilise lui aussi de l’énergie , ce qui pourrait être évité si on permettait aux éleveurs d’abattre les bêtes à la ferme.

Et la transition écologique?

La pollution due a à la production et l’élevage bovin est un fait. Le réchauffement climatique en est l’un des impact, que faire pour réduire l’impact de l’agriculture sur le climat? Envisageons d’autres modèles d’agriculture et continuons de nous régaler. Qui a dit qu’il fallait arrêter de manger, au lieu de bien le faire, tout simplement? Catherine Rousseau pense qu’il est « complètement envisageable pour l’avenir, de passer à un autre mode d’agriculture, et ce pour tous les producteurs bovins! C’est la jeunesse qui le dira, l’avenir est entre vos mains. » Nourrir toute la Belgique avec de la viande issue de l’agriculture raisonnée, intégrée, bien plus qu’un petit pas pour l’homme, un grand pas vers la transition écologique. Il faut aller à la source du problème, l’identifier, et changer les choses, sans détours. Alors, cultivons l’intégrité et raisonnons l’agriculture! Cela changera t-il les choses? L’avenir nous le dira.

Pour en savoir plus

Eco-anxiété: Quid de la Belgique?

Panique. Anxiété. Peur de l’effondrement du monde due au changement climatique; un terme épistémologique existe: l’éco-anxiété. En Belgique, des éco-psychologues proposent une thérapie afin d’apaiser celle-ci. Que dire de l’anxiété belge? Expertise.

Anxiété: Du latin angŭstĭa, proprement « resserrement », « difficulté, gêne, situation critique », est un mal-être connu de notre ère. Quand il s’agit de l’avenir de la civilisation qui s’effondre selon des catastrophistes comme Yves Cochet ; l’angoisse climatique créé un rapport conflictuel avec la nature.

En Belgique, il n’y a pas encore de sondage, ni de statistiques précises quant au taux d’anxiété écologique exacte. Néanmoins, la psychologie et en particulier l’éco-psychologie tente une analyse et une guérison. Le traitement s’opère par entre autres une écoute analytique et une écoute des blessures de l’enfance, de l’inconscient et/ou une approche corporelle. Certains patients ont besoin entre autres de psychanalyse intégrative car « cette éco-anxiété peut-être en lien avec des blessures d’enfance voire de naissance » d’autres vont essayer de retrouver un contact la nature notamment avec le talk and walk. il s’agit de marcher en prenant les propositions que la nature peut nous suggérer.

Une prise de conscience supplémentaire

La discipline étant assez récente. Il est tentant d’essayer d’établir quelles seraient les conditions, environnement ou culture qui favoriseraient ce mal être. Il s’agirait de personnes de tous âges, des adolescents mais surtout des adultes. « Quand j’y pense il me semble qu’il s’agit de personnes qui ont fait des études supérieures ou universitaires qui prennent davantage conscience de cette réalité »

L’éco-anxiété serait alors liée à la prise de conscience ? « oui et non car l’anxiété est présente chez tous et de manière souvent inconsciente mais l’éco-anxiété est une prise de conscience supplémentaire liée au changement climatique  » Une région géographique particulière est eco-anxieuse: La Belgique. En effet, la sensibilisation et l’éducation depuis le début de la scolarisation créé une conscience génératrice de ce mal être.  » en France, il y a plus de rationalité donc moins d’éco-anxiété. la Belgique est fortement ancrée dans le réseau de transition.

Chez nous, selon un sondage mondial dévoilé par Le soir, un Belge sur quatre a des doutes concernant le changement climatique. »Derrière le déni il y a plein de sentiments, le plus pré-dominant de ceux-ci est la tristesse » Dés lors, en rejoignant cette tristesse on peut rejoindre un désir de changement.

Anxiété ou éco-anxiété?

L’origine même de l’éco-anxiété est ambiguë. S’agit-il de l’anxiété qui génère le trauma écologique ou le trauma écologique qui génère l’anxiété?

Il s’agit des deux. Les problèmes écologiques créent l’anxiété. les personnes anxieuses au départ seront plus sensibles à l’éco-anxiété. En effet, ce n’est souvent pas que lié à l’écologie en soi. Il s’agit plus souvent d’une corrélation avec le vécu de la personne. Ainsi, une personne obsessionnelle va être aussi en doute écologique. « Ce qui se passe est lié à notre histoire, il faut se reconnecter à notre force de vie avant qu’elle n’ait été modelée par l’éducation. « 

Une sortie de secours?

Il est possible de sortir de l’éco-anxiété. De plus, en sortir est fortement conseillé car l’anxiété mène à des passages à l’acte irréfléchis. Cela dit, la difficulté est telle que l’anxiété est une règle d’exception dans les sentiments ; c’est à dire que les sentiments en question ont besoin d’être écoutés. Mais l’anxiété ressentie est difficilement communicable. Il faut donc ouvrir la communication, apaiser l’angoisse pour en voir l’origine. On peut dés lors revenir à un état de plus serein et donc plus créatif. « L’ennui avec l’éco anxiété c’est qu’on se retrouve seul à essayer de changer les choses et donc qu’on se sent seuls car pas de changement. Il faut penser de manière plus collective sociale et politique. »

Michel Maxime Egger, sociologue, remarque une corrélation entre notre société de consommation ( le consumérisme) et l’addiction : un cercle vicieux où se créé des besoins; ce qui engendre un éloignement de la nature et de nos besoins primaires. Les publicitaires l’ont bien compris: le green washing est une technique très prisée pour atteindre les consommateurs de notre ère.

Anticipation positive?

Au niveau collectif, une mise en place d’un réseau de soutien au transitionneurs est en cours. Des formations en éco-psycholgies voient le jour. La demande augmente. Les patients ont alors le plaisir d’échanger et d’être compris là où ils ont pu recevoir un rejet et une l’incompréhension des thérapeutes ; d’où l’intérêt d’une formation.

Quel message peut-on transmettre aux éco-anxieux? : »Regardez la nature, allez vous promener connectez vous avec vous même, avec vos sentiments, avec les autres; regarder est une aide en particulier, ouvrir son regard, la vue est un sens très utilisé ainsi regarder autour de soi, le passage, la nature se connecter avec le soleil est l’une des premières choses à faire.« 

Un moteur

En janvier passé, l’activiste connue mondialement Greta Thunberg disait « je ne veux pas que vous désespériez je veux que vous paniquiez » l’éco-anxiété peut-être un moteur ? L’anxiété n’est pas un moteur dans le sens où la panique mène a des actes irréfléchis, la honte non plus n’est pas un moteur. » Ce n’est pas en rendant les gens honteux, coupables, paniqués et anxieux que les choses vont changer. Ces sentiments ne permettent pas d’avancer.  »

Le discours très médiatisé de l’activiste Greta Thunberg à L’ONU en janvier 2019

D’après une étude menée pour le compte de Solidaris, un Belge sur dix souffre d’un mal être permanent. La guerre contre l’angoisse bat donc encore son plein. La mise en place des réseaux de soutien aux transitionneurs et l’extension de la formation en éco-psychologie démontre une prise en charge naissante. Une balade dans la forêt, un rayon de soleil dans la rétine pour se sentir mieux, parler, échanger. Serait-ce ces choses simples qui nous aideront à retrouver du concret dans ce monde en pleine transition écologique?

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Publicité verte ou greenwashing, la frontière est fine

Total a encore du chemin à faire.
Image de Laurent Vincenti trouvée sur wikipedia

Le greenwashing est devenu un outil publicitaire qui pourrait attirer l’attention, mais entre la publicité verte et le greenwashing la frontière est très fine. Comment peut-on les différencier? 

À l’heure actuelle, la publicité est omniprésente et alimente le désir d’acheter de chacun. Sophie Pochet évoque dans sa thèse le cynisme développé par de ses étudiants en publicité face à l’éthique publicitaire. Malgré cette tendance cynique, peut être faudrait-il accorder une place plus importante à l’éthique dans le milieu publicitaire. Comment distinguer ce qui est éthique en publicité et ce qui ne l’est pas? Sachant que l’éthique varie en fonction de chaque individu, ou placer cette frontière?

Qu’est-ce que le greenwashing ?

Le greenwashing connu aussi sous le nom d’écoblanchiment est un phénomène de masse apparu en 2006-2007, Sophie Pochet explique qu’il a pour but d’utiliser l’argument écologique à outrance ou a tort. C’est-à-dire soit il y a exagération dans les propos dits écologiques soit il y a mensonge. En d’autres termes il s’agit d’un outil véhiculant des propos faussement écologique ou mensonger.

Total: expert en la matière 

Total s’est lancé dans le « biocarburant », le mot « bio » peut faire penser à une bonne action pour l’environnement . Mais, lors de recherches effectuées sur les ingrédients utilisés pour ces carburants dits bio, certaines anomalies peuvent apparaitre.

« Il est possible de distinguer trois générations de ce combustible d’avenir »

Quand Total parle de ces combustibles d’avenir, il s’agit de biocarburants de 1re, 2ème et 3ème générations. Le premier est composé de matières organiques, d’huiles végétales ou de graisses animales. Le second est à base de biomasse issu « du bois ou de la paille ». Le dernier est lui aussi composé de biomasse, mais aquatique contrairement à la deuxième génération, celle-ci est issue « des algues ou des microalgues ».

Pour être plus précis, le carburant issu d’huile végétale est principalement à base d’huile de palme parce qu’elle se mélange parfaitement avec le diesel. À titre de rappel la production d’huile de palme est responsable d’une importante déforestation qui contribue à la disparition de nombreuses espèces et écosystèmes. Quant aux carburants issus de biomasses, ils résultent de monocultures. La pratique de monoculture mène à la dégradation des sols et engendre des phénomènes tels que des maladies du sol ou des parasites.

Après un vote discret de l’assemblée National qui continuait d’inclure l’huile de palme dans les biocarburants jusqu’en 2026, il y a eu au second vote pour l’exclusion de l’huile de palme dans ces carburants.

Le greenwashing est donc présent à plusieurs niveaux. Selon de CDP (Carbon Majors Database), en 2017 l’impact environnemental de Total a atteint 0,9% des émissions mondiales de CO2. Malgré cela, Total utilisait le terme « bio » dans le nom de son nouveau carburant. Lorsqu’une entreprise n’a pas une assez bonne empreinte environnemental et utilise l’argument écologique cela peut être considéré comme du greenwashing.

Ou se situe l’éthique dans tout ça ?

Il est très difficile d’être éthique en publicité. Selon Sophie Pochet « l’éthique n’est pas le droit, n’est pas la déontologie, mais est de l’ordre de l’interrogation et de la réflexion. C’est réfléchir en continu à l’impact sociétal de nos actions ». Elle varie entre autres en fonction des personnes, des cultures et des idéologies. Il n’y a pas de règle unique lorsque l’on parle d’éthique. C’est ce qui apporte énormément de difficulté en publicité. Il est vrai que malgré les circonstances, certaines entreprises ou marques essayent d’être le plus éthique possible en montrant de la transparence lors de la création publicitaire, et c’est peut-être là que l’éthique commence.

Patagonia ou l’éthique publicitaire

En ce qui concerne les marques ou entreprises qui pourraient être éthiques, Sophie Pochet conseille de jeter un oeil à la marque Patagonia. Leur campagne publicitaire sortie en 2011 lors du Black Friday à New York montrait une veste ayant comme slogan « dont buy this jacket ».

Le vêtement durable grâce à Patagonia
Image de Ajay_suresh sur Flickr

Ce que Patagonia cherche à transmettre par cette campagne est la totale transparence. L’éthique de cette marque est axée sur le recyclage, des produits qui durent et inclut un service de réparation des vêtements ainsi qu’un partenariat avec Ebay afin d’encourager le marché de seconde main. Mais leur démarche écologique ne s’arrête pas là, ils s’engagent également à donner une partie de leurs bénéfices à des associations environnementales, des activistes qui protègent l’habitat, la nature sauvage et la biodiversité ainsi qu’à des communautés sous-représentées sur le plan environnemental. Pour l’instant l’argent reversé à toutes ces organisations s’élève à 58 millions de Dollars, pour plus de 1000 organisations différentes.

Ils ne vendent pas seulement des vêtements, ils créent une communication basée sur l’écologie tout en la respectant et en s’engagent réellement dans l’écologie, ce qui pourrait être qualifié d’éthique.

Comment limiter le greenwashing?

L’exemple avec Patagonia démontre qu’il y a des entreprises ou marques qui n’utilisent pas l’argument écologique à outrance ou a tort comme le définit le greenwashing. Malgré cela le greenwashing persiste dans cette époque d’éco-anxieux car il pousse à l’achat. Cependant il existe certains mouvements ou organisations qui limitent l’écoblanchiment.

Le JEP (Jury d’éthique publicitaire) est « l’organe d’autodiscipline indépendant de la publicité en Belgique. » et leur but est d’« assurer une publicité loyale, véridique et socialement responsable. ». Pour cela ils ont mis en place un jury d’éthique publicitaire qui reçoit des plaintes de consommateurs et les traite dans le but d’aboutir à une publicité socialement et éthiquement responsable.

Ce que certains pourraient considérer problématique selon Sophie Pochet c’est que c’est « un organe créé par le conseil de la pub, qui est en gros l’association qui défend la publicité en Belgique ». Il pourrait donc y avoir un conflit d’intérêts. En plus de celà le JEP fonctionne par système d’autorégulation. Elle explique le système en précisant que « c’est le secteur qui s’autorégule, et le secteur est composé des annonceurs, des médias et des publicitaires d’une part et d’autre part de la société civile » donc la moitié des membres de ce jury travaillent dans la publicité.

Limiter le greenwashing est donc possible, mais avec quelques aléas. L’autre option envisageable pour limiter le greenwashing est l’utilisation des réseaux sociaux. Actuellement l’opinion de chacun est entendue sur les réseaux sociaux et peut être le meilleur moyen de dénonciation d’après Sophie Pochet. Plusieurs faits d’abus de certaines marques ont été dénoncés sur les réseaux sociaux, ce qui rend les publicitaires plus vigoureux face à l’éthique que la pub est censée véhiculer.

La publicité verte peut-elle être éthique?

La publicité verte peut être éthique à partir du moment où elle n’utilise pas l’outil du greenwashing. Il y a aussi un phénomène que Sophie Pochet explique: « Par dépit, les citoyens finissent par penser que ce n’est pas grave si les entreprises utilisent l’argument écologique parce qu’il les conscientise et que ceux-ci voient bien que du coté politique ça ne fonctionne pas. ». L’idée véhiculée est que même si certaines publicités ne sont pas éthiques elles peuvent sensibiliser l’opinion publique et pourraient permettre d’ouvrir un débat politique écologique. Malgré tout elles induisent des valeurs et des questionnements aux citoyens, qui font réfléchir aux actions écologiques. Peut-être qu’au final, même si certaines pubs ne respectent pas toutes les règles éthiques, elles peuvent malgré tout être considérées comme éthiques suite aux actions citoyennes qui vont succéder ou qui ont déjà été mises en place. On pourrait imaginer que la publicité créatrice de désir engendrerait le désir d’un monde nouveau et plus vert.

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La surconsommation de plastique : Un danger pour les animaux marins

Le plastique est un grand destructeur environnemental, des millions d’animaux en ingèrent et finissent par en mourir, faut-il alarmer le citoyen ?

10 tonnes de plastiques sont produits dans le monde chaque seconde, 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées dans la mer chaque année. 1,5 million d’animaux meurent chaque année à cause de l’ingestion de plastique, toutes les 20 minutes 1 espèce animale ou végétale disparaît. Des chiffres impressionnants qui ne cessent d’augmenter chaque année. À l’heure actuelle, c’est 100 000 mammifères marins qui meurent tous les ans selon GreenPeace.

Le citoyen va-t-il prendre conscience de cette catastrophe ?

La sensibilisation du public reste à présent très minime, mais selon Florence Greiner, diplômée en science des matériaux et professeur de biologie à l’institut de la Providence, la sensibilisation du citoyen ne devrait pas être la seule priorité.

« Le problème est que lorsque l’on sensibilise le citoyen, on oublie les entreprises qui derrière produisent énormément de plastique. C’est facile de dire au citoyen : « achetez en vrac » et derrière de produire des pâtes dans des paquets en plastique de 500 grammes. Je pense qu’il faudrait qu’il y ait des lois qui passent au niveau des industries. Quand on sensibilise trop le citoyen, le citoyen s’en veut d’utiliser du plastique qui d’ailleurs crée de l’éco-anxiété et de nouvelles formes de problèmes psychologiques, alors que les principaux responsables de ces déchets plastiques sont ceux qui les produisent. »

Un coup de pouce des citoyens

Tortue Marine, Tortue Verte, Tortue
Pixabay licence, Francis Ray 15 avril 2018
Tortue marine ingérant du plastique supposément jeter en mer en pensant que celui-ci est de la nourriture.

Boyan Slat, un jeune néerlandais a lancé un projet nommé « Ocean clean-up » qui signifie « nettoyer l’océan« . Ce projet d’une grande envergure consiste à installer un système de filet étendu sur 100 km. Celui-ci s’enfonce dans l’eau pour récolter les déchets présents et les piéger dans le filet afin de faciliter le ramassage. Plusieurs tests ont été réalisés et ceux-ci s’avèrent être pour la plupart une réussite.

Un danger qui ne touche pas que les animaux…

En effet, selon Florence Greiner, les poissons ingurgitent un certain nombre de déchets qui reviennent ensuite dans notre alimentation sous forme microscopique. Ils peuvent s’avérer dangereux pour notre santé. De même dans les plastiques que l’on utilise, étant donné qu’ils sont faits de polymères et d’additifs, les additifs passent dans la nourriture. Par exemple quand on passe du plastique au micro-ondes, en général si on le chauffe, cela accélère les réactions chimiques, ce plastique se retrouve donc dans notre nourriture. Finalement cela a un effet pas seulement que sur les animaux mais aussi sur les êtres humains, en particulier sur la fertilité des personnes.

Un post instagram qui nous dit « tu manges ce que tu jettes » en effet comme expliquer par l’image et par le texte du précédent paragraphe ce que l’humain jette se retrouve dans son alimentation d’une manière ou d’une autre.

Des dégâts bien plus grand qu’un pays

Pixabay licence, Silk (a_different_perspective) 27 mars 2018
Oie sur une plage entourée de filet de sécurité en plastique jeté par des Hommes.

Qu’est-ce que les 7ème continent? C’est un lieu où se rejoignent les courants d’eaux et forment un point de rencontre où l’on trouve des milliers de tonnes de déchets. Il se situe dans l’océan pacifique entre Hawaï et la Californie. Les océanographes ont décidé de l’appeler le 7ème continent car celui-ci est tellement grand qu’il pourrait être un continent à lui seul, il mesure 6x la France. D’un point de vue optimiste, ce phénomène facilite le ramassage des déchets.

Vidéo youtube qui explique le phénomène du 7ème continent

Qu’en est-il des produits recyclables ?

Les déchets prennent beaucoup d’énergie pour être traités. Par exemple, pour les produits réutilisables, quand on recycle du verre dans les bulles à verre, il est 100% recyclé et redevient du verre à 100%. Néanmoins il va falloir le chauffer à plusieurs milliers de degrés, ce qui aura pour conséquences une énorme consommation d’énergie. Si on avait des bouteilles qu’on lave et qu’on réutilise, on évite toute cette montée en température et donc toute cette énergie qu’on pourrait utiliser pour autre chose ou ne pas produire et ne pas utiliser. Affirme Florence Greiner.

D’après les dires de Florence Greiner, il faudrait donc privilégier grandement le réutilisable au recyclable. Une chose est sûre cela prendra bien de longues années avant que cela ait un réel impact sur le réchauffement climatique.

À partir de quoi est créé le plastique ?

Le plastique est créé à partir de pétrole. Quelle ironie lorsque l’on sait que le pétrole est une denrée rare, qu’il est de plus en plus cher et qu’en plus de tout cela son extraction cause des catastrophes écologiques. Toutes ces choses sont négatives pour notre environnement mais les industries ne cessent de produire continuellement du plastique. Qu’attend l’Etat pour faire passer des lois ?

Le plastique cause-t-il seulement des effets négatifs ?

Il est vrai que le plastique apporte plus de dégâts que de bienfaits.

« Néanmoins un membre de ma famille qui est justement dans la production du plastique dirait aussi que c’est un moyen d’éviter le gâchis alimentaire. Si on a du jambon, du saucisson, si c’est emballer dans du plastique et donc des emballages étanches cela conserve beaucoup plus longtemps les aliments et cela évite donc le gaspillage alimentaire, donc lui réfléchirait dans ce sens-là »

F.G

De ce qu’on comprend du témoignage de Florence Greiner, quand bien même le plastique causerait des dégâts, il peut être une source de non-gaspillage qui reste tout de même un bon point pour la planète.

Des pays qui ne connaissent pas le tri

« En effet si on regarde les plages par exemple celle du Sénégal où j’étais, c’est hallucinant, ce sont des décharges à ciel ouvert. Au niveau paysage c’est dommage, au niveau confort de vie pour les populations qui se retrouvent avec ses déchets c’est dommage également. En terme de recyclage, évidemment il faut produire si on ne récupère pas ce qu’on a utilisé. Comme on dit toujours, une terre finie n’a pas des ressources infinies, un moment il y a des limites. Évidemment cela détruit la faune et la flore, la flore via des additifs qui passent dans l’eau etc mais la faune plus particulièrement. Cela pose aussi problème pour les équilibres des Eco systèmes. »

Que faut-il faire avant que tous les animaux marins ne disparaissent ?

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Les énergies renouvelables, le futur des Bruxellois ?

Pour endiguer et diminuer l’impact du réchauffement climatique sur notre planète et notre société, les énergies renouvelables apparaissent à ce jour comme une des solutions. Le problème ? Des coûts parfois jugés trop importants et une accessibilité relative. La pose de panneaux photovoltaïques est la première chose qui vient à l’esprit de la plupart des gens mais il existe aussi des éoliennes domestiques, plus petites que les éoliennes des fournisseurs d’électricité, davantage adapté aux particuliers.

De plus en plus de panneaux photovoltaïques sur les toits bruxellois
Par sferrario1968 (30/06/15)
Pixabay License
Libre pour usage commercial
Pas d’attribution requise

La Belgique dépend toujours grandement des énergies fossiles et non renouvelables. Sa production d’électricité est à 39 % d’origine nucléaire et 35,4 % d’origine fossile (gaz et pétrole) pour l’année 2018. La production totale s’élevait à 69,2 TWh et donc 51,5 TWh (74,4 %) de non renouvelables. Malgré une légère diminution de la consommation d’électricité dans notre pays de 2017 à 2018 (2,42 %) et une réelle augmentation de la part du renouvelable (6 % en 2010 à 15 % en 2018), le chemin à parcourir reste long pour atteindre 100 % de renouvelable. A Bruxelles, la production totale d’électricité d’origine renouvelable en 2017 a été de 169 GWh et de 90 GWh de chaleur sur une consommation totale de 21621 GWh.

Accord et obligations

Après la COP21 qui a rassemblé 195 pays en 2015, un accord a été trouvé et des objectifs ont été validés pour limiter le réchauffement planétaire entre 1,5 et 2°C d’ici 2100. Malgré la décision de l’administration américaine du retrait des Etats-Unis en juin 2017, des objectifs et un accord jugés pas assez ambitieux par certaines ONG, la conférence est un pas de plus vers un monde plus écologique avec des énergies renouvelables qui ont toutes leurs places.

Comme les états, les communes bruxelloises ont des obligations écologiques à tenir. Bruxelles Environnement est un acteur de choix en la matière et mène beaucoup d’actions pour la promotion des énergies renouvelables et de plus veille à l’accessibilité des énergies renouvelables pour les citoyens.

Le photovoltaïque s’impose

Le photovoltaïque s’est imposé à Bruxelles vu la surface réduite de la région, son efficacité et sa rentabilité. Bruxelles possède 20 millions de m² de toit à haut potentiel solaire. Au contraire des éoliennes domestiques pour lesquelles il faut des espaces importants. En effet, l’installation d’une éolienne sur un toit nuit à son efficacité et mène à une génération énergie faible. De plus l’urbanisation perturbe le vent. En ce qui concerne les autres types d’énergies renouvelables, Minh Châu Bui, chargée de communication à l’asbl APERe qui travaille sur les énergies renouvelables résume la situation : «à Bruxelles, il n’y a pas le terrain pour construire des éoliennes, pas de chute d’eau pour faire de l’hydroélectricité, pas de ferme pour faire de la biométhanisation».


Comment fonctionne les panneaux solaires et quels en sont les avantages

Combien ça coûte ?

D’après Minh Châu Bui, le coût de panneaux photovoltaïques pour une maison classique est de plus ou moins 3000 à 4000 € en sachant que ces panneaux coûtaient 4 fois plus cher il y a 10 ans mais le coût de l’installation reste stable. La période nécessaire pour que ceux-ci soient rentables est de 7 ans, ce qui est garanti par Bruxelles Environnement en modifiant la quantité d’aides accordées en fonction des prix du marché. Malgré cela, 3000 à 4000 € restent un investissement important pour la plupart des Bruxellois et compromettent l’accessibilité de ces installations.

Pour contrecarrer le coût qui pourrait être un frein, l’entreprise Brusol, installateur de panneaux photovoltaïques à Bruxelles avec d’autres concurrents en partenariat avec Sibelga et Bruxelles Environnement propose ses installations gratuitement. L’entreprise reste propriétaire des installations pendant 10 ans et après ce délai, elles reviennent au propriétaire du toit. Brusol se rémunère grâce aux certificats verts qui sont des aides régionales pour le développement du photovoltaïques et de la cogénération. Il y a 3 certificats verts pour chaque mégawatt produit, ce qui représente plus ou moins 90 € par certificat vert. Cependant, Brusol reste une entreprise avec une logique marchande. Dans certains cas, elle n’acceptera pas des installations à cause de la configuration des toits qui rend les installations plus complexes et donc moins rentables qu’avec des toits classiques à cause des coûts supplémentaires. De plus, les certificats ne sont plus accordés en Wallonie et en Flandre pour les nouvelles installations depuis 2014. Bruxelles fait toujours exception mais n’est pas à l’abri d’un changement de législation.

Malheureusement, Minh Châu Bui ajoute que le problème du coût n’est pas le seul à prendre en compte en ce qui concerne l’accessibilité car beaucoup de bâtiments à Bruxelles sont des copropriétés ou des immeubles à appartements. En bref, un locataire qui souhaite voir l’installation de panneaux photovoltaïques sur le toit de son immeuble ne peut rien faire s’il n’a pas l’accord du propriétaire. Pour régler cette situation, l’APERe, une asbl créée en 1991 qui soutient et conseille les citoyens et les collectivités vers une société plus écologique grâce aux énergies renouvelables, joue le rôle de médiateur et a une mission d’éducation pour sensibiliser la population. Dans ce cas, les propriétaires réticents.

Le partage, c’est bon pour le moral et le porte-monnaie

Si le choix du renouvelable est fait avec notamment l’installation de panneaux photovoltaïques, il y a des possibilités pour les prosommateurs, les personnes qui produisent et consomment de l’électricité comme les propriétaires de panneaux photovoltaïques, de vendre leur surplus d’électricité à leurs voisins ! En effet, deux projets pilotes d’autoconsommation collective ont été lancés à Ganshoren et Forest. Le principe ? Les citoyens ou les communes possédant des bâtiments équipés de panneaux photovoltaïques peuvent revendre directement l’énergie produite à leurs voisins et au quartier.

D’après Minh Châu Bui : «ces initiatives permettent de créer des communautés d’énergie et de repenser totalement notre rapport à électricité». Au-delà des gains financiers pour les prosommateurs et les voisins qui profitent de cette électricité, ces projets ont aussi un rôle social en «reconnectant», littéralement, les habitants d’un quartier entre eux. Qui plus est, en Wallonie, le régulateur d’énergie CWApE veut mettre en place une redevance pour les propriétaires de panneaux photovoltaïques à cause de leur utilisation du réseau. Peut-être un argument de plus pour ce genre de projet.


Vidéo explicative sur l’autoconsommation collective

Un monde politique bruxellois à l’écoute

Après la montée fulgurante du parti Écolo aux dernières élections avec 21,6 % des voix et une augmentation de 11,1 % par rapport à 2014, un signal a été donné par la population bruxelloise. Saint-Gilles, Forest, Auderghem, Watermael-Boitsfort, Ixelles et Etterbeek sont passées au pavillon vert. Selon Minh Châu Bui : «les communes écolos sont beaucoup plus demandeuses, elles viennent vers nous en disant : on a des objectifs et on a besoin de votre expertise» . Il y a donc un intérêt de la part des pouvoirs publics pour le renouvelable, son accessibilité et sa mise en place à Bruxelles.

Pour finir, une source d’énergie s’impose à Bruxelles : le photovoltaïque pour tous les avantages cités ci-dessus. Si tous les toits à haut potentiel solaire étaient utilisés, il serait possible de produire 2000 GWh d’électricité par rapport à une consommation de 5200 GWh en 2017. Ça représente 38 % de la consommation électrique de la région. Une question se pose : qu’est ce qu’attendent les Bruxellois ? Sans doute une meilleure information. L’asbl APERe y travaille chaque jour et continue de sensibiliser la population à ce sujet. Malgré tout, grâce aux efforts de tous les acteurs du secteur du renouvelable, un avenir positif se profile pour l’adoption des énergies renouvelables dans la capitale de l’Europe, étape indispensable à la transition écologique avec l’électricité verte.

Pour en savoir plus

Bruxelles, à la poursuite d’un air moins pollué

La pollution atmosphérique, un problème environnemental et de santé publique. A Bruxelles, la priorité est d’agir sur la mobilité et l’habitat. Trafic routier et chauffage des bâtiments sont en effet largement mis en cause. Diverses propositions existent pour améliorer la situation. Toutefois, il reste encore bien des efforts à fournir pour prétendre à un air sain.

© Hüweler Noémie 2019
Rue de la Loi à Bruxelles : un lieu où la pollution atmosphérique due au trafic routier est très intense

Maladies respiratoires, cardiovasculaires, cancers,… La pollution atmosphérique tue chaque année plus de 600 personnes dans la capitale.

Ces dernières années, une série d’initiatives ont été lancées. Et quelques améliorations ont pu être observées. Toutefois, le combat n’est pas encore gagné, comme en témoigne Christophe Degrave, analyste de la qualité de l’air pour la Cellule Interrégionale de l’Environnement (CELINE). « Ça s’améliore, nous sommes en bonne voie. Cela fait quelques années qu’on constate qu’il y a de moins en moins d’épisodes de pics de pollution. Pour toute une série de polluants, la situation est bien meilleure qu’avant, que ce soit pour les particules fines (PM10 et PM2.5), pour le dioxyde de soufre (SO2) ou pour le plomb (Pb). Avant, il y avait beaucoup de plomb dans l’air. Aujourd’hui, SO2 et plomb ont quasiment disparu. Mais il reste le gros problème du dioxyde d’azote (NO2), principalement émis par le diesel. On peut encore faire mieux pour les particules fines point de vue normes OMS. »

Le dioxyde d’azote (NO2) et les particules fines (PM10 et PM2.5) constituent les polluants les plus problématiques. La faute au trafic routier pour le premier, et au chauffage des bâtiments pour les secondes.

Informer et sensibiliser

La lutte contre la pollution de l’air nécessite un changement des mentalités. Pour y arriver, il faut commencer par informer et sensibiliser les citoyens. Lorsque l’on demande à Christophe Degrave si les Bruxellois sont suffisamment sensibilisés à cette problématique, il répond : « Beaucoup plus qu’avant. Avant, la situation était bien plus grave et on n’en entendait pas parler. Maintenant, quand on demande aux gens si la qualité de l’air s’améliore ou se dégrade, ils pensent qu’elle se dégrade tellement on en parle. » Le ton dramatique adopté par les médias n’est sans doute pas étranger à cette impression.

De nombreux sites internet permettent au grand public de s’informer. La page « Qualité de l’air » de Bruxelles Environnement ou le site de CELINE proposent un suivi de la qualité de l’air en temps réel.

Encourager une mobilité douce, partagée et pourquoi pas électrique

Selon le spécialiste Christophe Degrave, le diesel reste le gros point noir. Il faut renoncer à la voiture à moteur thermique au profit d’une mobilité davantage respectueuse de l’environnement. Pour y parvenir, un maximum d’alternatives moins polluantes doivent être proposées.

La marche à pied et le vélo demeurent les modes de déplacement les plus écologiques, à consommer à volonté. A Bruxelles, de plus en plus de pistes cyclables sont aménagées. A l’heure actuelle, la capitale compte 72 km de pistes cyclables.

L’utilisation des transports en commun est fortement mise en avant. Cependant, les organismes qui luttent pour un air plus sain sont unanimes : l’offre de transports en commun doit être améliorée.

Des parkings « Park & Ride (P+R) » ont été installés en périphérie pour désencombrer la ville. Ils offrent un accès direct aux transports en commun et permettent ainsi de se rendre au centre-ville sans voiture. Pour l’instant, ils sont au nombre de sept, et d’autres sont prévus dans le futur.

Des véhicules partagés (vélos, voitures, trottinettes), pour la plupart électriques, font désormais partie du paysage de la mobilité bruxelloise. Toutefois, d’après Christophe Degrave, pour que les véhicules électriques soient réellement plus écologiques, la production, la recharge et le recyclage des batteries doivent se faire de manière plus « propre ». A cela s’ajoute l’importance de mettre à disposition davantage de bornes de recharge. Elles sont trop peu nombreuses aujourd’hui et cela empêche peut-être certains de franchir le pas vers l’électrique.

Exit les moteurs thermiques : la zone de basses émissions

Afin d’agir sur la pollution due au trafic routier, une solution plus radicale a été mise en place : la zone de basses émissions de la Région de Bruxelles-Capitale (LEZ). Instaurée le 1er janvier 2018, la LEZ interdit la circulation des véhicules les plus polluants. Au fil des années, les critères d’accès à cette zone se feront de plus en plus stricts. Les véhicules au diesel seront interdits d’ici 2030. Et en 2035, ce sera au tour des véhicules à essence et au LPG.

Rénover et respecter les normes de construction

Concernant le chauffage et la mauvaise isolation des bâtiments, principales causes des émissions de particules fines, comment agir? A cela Christophe Degrave répond : « Il faut favoriser la rénovation et avoir des normes de construction. Vraiment favoriser tout ce qui est logement des personnes les plus démunies. C’est là aussi que la consommation énergétique est la plus forte. Et puis tout ce qui est secteur tertiaire, tous les bâtiments de bureaux. Avoir aussi une législation qui fait qu’on oblige à avoir des bâtiments exemplaires et une consommation réduite. »

Le service Homegrade guide gratuitement les Bruxellois dans leurs efforts d’amélioration de leur logement. Par ailleurs, différentes primes existent pour encourager la rénovation. Le prêt vert, par exemple, permet de financer jusqu’à 25 000 euros de travaux d’amélioration énergétique. Enfin, dans le Plan National Energie-Climat, le gouvernement bruxellois s’engage à amorcer la sortie du mazout dès 2025 et la sortie du gaz naturel dès 2030.

A l’évidence, un certain nombre d’initiatives ont été mises en place. Toutefois, il y a encore du pain sur la planche. Il faut avant tout accélérer l’exclusion des substances polluantes. Hors mobilité et habitat, deux grandes améliorations sont attendues : mieux mesurer les émissions polluantes et imposer les normes de qualité de l’air fixées par l’OMS au lieu de celles de l’Union européenne. D’après Christophe Degrave, les normes de l’OMS sont en effet bien plus strictes puisqu’elles ne prennent en compte que l’aspect santé. Il ajoute : « Il est indiqué dans l’accord de gouvernement que les normes de l’OMS sont un objectif à atteindre. » Concernant la mesure des polluants, « Dans les quatre années à venir, il est prévu d’installer au minimum deux nouvelles stations de mesure par an en Région bruxelloise. »

Pour Christophe Degrave, la priorité est de continuer d’agir sur la mobilité et sur l’isolation et la performance énergétique des bâtiments. « A partir du moment où on aura ça, je pense qu’on sera déjà loin dans l’objectif. »

La bataille contre la pollution atmosphérique à Bruxelles est loin d’être gagnée, mais elle est en marche. Un petit pas, mais un pas significatif sur le long chemin de la transition écologique.

Pour en savoir plus

13% de l’énergie issue du renouvelable pour 2020, réaliste ?

Nous nous rapprochons de plus en plus de la date fatidique de l’objectif que la Belgique s’est vue attribuer pour 2020, à savoir 13% de l’énergie consommée finale brute qui proviennent du renouvelable, mais y arrivera-t-elle ? 

Actuellement, nous ne l’avons pas encore atteint. Nous étions à 11% fin 2018 et selon, Benjamin Wilkin, directeur général de l’association APERe, nous atteindrons probablement 12,5% fin 2020.

Cet objectif a été mis en place par la Directive européenne en 2009. Chaque pays a reçu un pourcentage individuel à atteindre qui rentre dans un objectif global européen qui est de 20%. En 2016, 11 pays membres avaient déjà rempli leur devoir et la Suède était en tête avec un pourcentage de 53,8% pour un objectif demandé de 49%. 

L’évolution du pourcentage d’énergies renouvelables dans l’Union européenne en 2017. © Eurostat

Au sein de l’Union européenne, les objectifs demandés pour chaque pays ne sont pas les mêmes. En effet, le niveau d’avancement en faveur de la transition énergétique peut parfois cacher un fossé entre certains pays membres. Il n’est, dès lors, pas rationnel de demander le même objectif à chaque pays. En effet, si nous prenons la Suède comme exemple, . « c’est grâce à sa mise en place de politiques gouvernementales variées qu’elle a réussi à développer son efficience énergétique et à accroître sa part d’énergies renouvelables dans sa consommation d’énergie primaire » d’après une étude d’Edmond de Rothschild.

Cela rejoint l’avis de Mr Wilkin. Selon lui, la situation actuelle en Belgique est due essentiellement à un manque de vision et de compréhension de notre gouvernement. 

« Si j’avais une baguette magique, je transférerais la partie de mon cerveau qui comprend, qui voit les perspectives de l’énergie possible de demain, dans le cerveau des différents représentants politiques. »

Qu’est-ce que les pays ont du faire concrètement?

L’énergie renouvelable est l’énergie la plus propre. En effet, elle est bénéfique pour la santé puisqu’elle n’émet pas de CO2 et de particules fines dans l’atmosphère. Elle est également bénéfique pour le climat, l’environnement et la biodiversité car elle est faite de matériaux recyclables. 

L’Europe souhaitait principalement que les pays membres mettent en place des systèmes de soutien à leur production. Si elle voulait cela, c’est à cause de l’investissement nécessaire à la production d’énergies renouvelables. En effet, la caractéristique du renouvelable est que pratiquement l’entièreté de son coût est à l’achat du système, explique Mr Wilkin. 

L’APERe, une association belge parmi de nombreuses qui promeut le renouvelable 

L’association Apere a été fondée en 1991 et sa mission est d’accompagner les citoyens vers 100% d’énergies renouvelables, durables et solidaires. 

L’association APERe a été fondée en 1991 et sa mission est d’accompagner les citoyens vers 100% d’énergies renouvelables, durables et solidaires. 

Le marché du renouvelable a commencé à se développer vers les années 2000 et depuis il ne fait que progresser. L’asbl travaille avec des collectivités locales . 

Mais qu’est ce que la Belgique a mis en place afin d’atteindre ce pourcentage ? 

Tout d’abord, il faut savoir que lorsqu’on parle d’énergies renouvelables, cela inclut l’énergie éolienne, solaire (thermique, photovoltaïque et concentrée), hydraulique, marémotrice, géothermique, les biocarburants et la chaleur ambiante captée par les pompes à chaleur. 

Pour l’instant, la production de ces énergies vertes provient principalement des panneaux solaires photovoltaïques, avec une production de 4 000 MW, l’éolien onshore (terrestre) avec 2 012 MW et 1 178 MW d’éolien offshore (en mer). Ces données viennent du magazine Expresso n°11.

En Belgique, malgré notre faible pourcentage de transition énergétique, de nombreux projets vont voir le jour. En voici quelqu’uns.

La vie en parc zoologique. Photo by Robert Tjin Tjoen Lim on Unsplash

PAIRI DAIZA, un parc zoologique situé dans la province du Hainaut, est en train de construire un parking équipé de panneaux photovoltaïques. D’ailleurs ce sera le plus grand au monde ! 

Il y aura 62.750 panneaux et ils permettront d’alimenter toute la consommation électrique du parc. 

Au total, l’installation produira 20.000 Mega Whatt par an et permettra d’alimenter tout le parc. Le surplus produit servira pour les voitures électriques des visiteurs ou sera réintroduit dans le réseau public. 

Selon Mr Wilkin, il serait possible de faire plus de 10 parkings de ce type en Belgique. Pour obtenir ces données, il s’est basé sur une étude française. Cette étude a analysé toutes les zones de friche de son pays pour connaitre la surface disponible. Notre spécialiste a ensuite transféré ce chiffre à la taille de la Belgique. C’est donc approximatif. 

À Mons, un projet permettant d’alimenter entièrement l’hôpital Ambroise Paré et des bâtiments voisins verra le jour à la fin de l’année 2020. En effet, sous le parc des Ursulines se trouve une nappe d’eau chaude. Grâce à la construction de deux puits géothermiques, cette eau chaude créera de l’énergie.

Du côté de la mer du Nord, de nouvelles installations vont voir le jour. À l’heure d’aujourd’hui, l’état belge compte 9 parcs éoliens : 4 qui sont opérationnels, 3 en construction et 2 qui sont encore en projet. 230 éoliennes seront en place pour une puissance de 2200 MW en 2020.

Il faudra apprendre à vivre autrement avec le renouvelable 

En utilisant les énergies renouvelables, les citoyens devront apprendre à utiliser l’énergie différemment. C’est une énergie propre, mais la stocker en grande quantité n’est pas bénéfique et couterait très cher. En effet, le stockage utiliserait des ressources naturelles et beaucoup d’espace. Ce n’est pas le but du renouvelable. Il faut donc apprendre à diminuer notre consommation d’énergie et à beaucoup l’utiliser quand elle est disponible. C’est tout l’inverse de notre mode de vie actuel. 

Acheter de l'électricité verte, locale et citoyenne c'est comme acheter bio, locale et de saison… Parce que le circuit…

Publiée par APERe asbl sur Lundi 9 décembre 2019

Malgré le fait que la Belgique se soit mobilisée pour honorer son objectif de 2020, elle aura du mal à l’atteindre. D’après la ministre fédérale de l’Energie, Marie-Christine Marghem, « le délai est court et il y a encore beaucoup d’efforts à faire ».

Une sanction pourrait alors être mise en place. Les pays n’ayant pas atteint leur pourcentage pourraient, via un accord de coopération, racheter leur pourcentage manquant aux Etats membres qui l’ont dépassé. 

Une sanction pourrait alors être mise en place. Les pays n’ayant pas atteint leur pourcentage pourraient, via un accord de coopération, racheter leur pourcentage manquant aux Etats membres qui l’ont dépassé. 

« Il va falloir accélérer par rapport à ce qu’on a déjà fait mais, étant donné la base solide que l’on a maintenant, économiquement parlant cela ne devrait pas poser problème. » c’est le message que révèle notre expert. En effet, nous l’avons vu, le plus cher pour produire des énergies renouvelables est l’investissement de départ.

#cop25 #belgique

Publiée par Pierre Kroll sur Samedi 14 décembre 2019

Un nouveau mode de vie est en train de se mettre en place, il ne reste plus qu’à se mobiliser pour. 

Pour en savoir plus

Le zéro déchet : du positif pour l’écologie

De nos jours, les ménages belges produisent de grandes quantités de déchets. Celles-ci polluent la planète. Face à cela, une nouvelle tendance a récemment vu le jour : le zéro déchet. Certains l’ont déjà adopté. Des associations se créent à Bruxelles et les astuces ne manquent pas.

Cette tendance permet de réduire quotidiennement la production de déchets. Autant chez les particuliers que dans les entreprises. Elle met en avant le recyclage, la réutilisation et tente d’éviter les objets à usage unique et la surconsommation ou production de matières premières. Elle est bénéfique tant écologiquement qu’économiquement pour chacun. En effet, réduire sa consommation, c’est diminuer ses dépenses. Puisqu’adopter le zéro déchet, c’est apprendre à réutiliser des objets qui sont habituellement jetés après une utilisation alors qu’en réalité ils seraient très utiles à d’autres fins. C’est aussi apprendre des petites recettes peu coûteuses pour la vie de tous les jours.

Les ordures ménagères sont nocives pour l’environnement, mais aussi pour la santé publique. En 2017, Bruxelles Propreté a déclaré avoir récolté environ 168 474 tonnes de déchets destinées au recyclage ou à la revalorisation. Mais a précisé que ce nombre est en baisse. Certains ménages parviennent à se limiter à une seule poubelle par semaine. C’est en partie grâce à une conscientisation effectuée par des ASBL et certains experts, mais également grâce à la tendance zéro déchet prenant de plus en plus d’ampleur. Un salon zéro déchet a d’ailleurs été mis en place à Bruxelles pour sensibiliser et informer la population. L’année passée, il avait attiré plus de 10.000 personnes. Cette année, le nombre d’ateliers a triplé et l’espace utilisé était deux fois plus grand. Les participants étaient motivés. Des stands étaient tenus par des personnes qualifiées et formées ainsi que des auto-entrepreneurs. Ils ont répondu aux questions des intéressés. On a pu y apprendre les techniques à utiliser pour un changement de vie progressif. Après la visite, les personnes mieux informées ont montré un certain engouement et une vision très optimiste de ce changement.

Du mouvement au sein de la capitale

À Bruxelles, des ASBL voient le jour depuis quelques années avec des projets ambitieux et l’envie de faire bouger les choses. L’une d’entre elles, Fruit Collect, est un bon exemple illustrant la grande volonté de quelques particuliers.

En effet, le zéro déchet ne s’applique pas qu’aux emballages. Cela concerne également l’alimentaire. Le responsable de Fruit Collect, Maxime Niego, a développé son projet depuis le jardin de ses parents, il y a 4 ans. Son but est de récolter un maximum de fruits et légumes chez les habitants désireux de se débarrasser du surplus provenant de leur jardin. Des bénévoles les ramassent pour ensuite les distribuer gratuitement à des bénéficiaires. Puis, l’ASBL utilise une petite partie à des fins commerciales (sous forme de jus de fruits pressés qu’ils revendent, par exemple). Fruit Collect dégage des bénéfices qui servent à rémunérer les personnes qui travaillent et aussi à financer l’essence, l’achat de camionnettes, etc.

L’ASBL, pour rester dans cette optique zéro déchet, emploie majoritairement du matériel de récupération sauf là où les réglementations d’hygiène l’en empêchent. Monsieur Niego part du principe que toute personne souhaitant mener à bien un tel projet, peut y arriver avec la volonté de se former et en y allant progressivement. Selon lui, parfois, les gens n’imaginent pas à quel point chaque geste compte. Chacune de leurs actions peut aider à faire évoluer la société, que ce soit vers le zéro déchet ou autre. Fruit Collect en est la preuve et ce ne sont pas les seuls. D’autres ASBL comme Lilie Dans Les Étoiles ou Alma Sana ont vu le jour à Bruxelles et pratiquent le zéro déchet.

Des techniques simples et efficaces
Objets réutilisables et biodégradables permettant de limiter la production de déchets. Par RikaC (22 mai 2019), Pixabay License.

Les personnes souhaitant s’y mettre peuvent apprendre plusieurs recettes pour fabriquer leurs propres produits ménagers ou cosmétiques. Elles ont la possibilité de réutiliser leurs textiles usés, décolorés… pour leur donner une seconde vie. Il existe aussi des magasins en vrac où l’on peut acheter la quantité nécessaire de nourriture, sans gaspillage et l’emporter dans un contenant réutilisable.

Le zéro déchet avec un bébé, ou un animal de compagnie est possible. Les parents peuvent se procurer des couches ou des coussinets d’allaitement lavables et fabriquer leur propre liniment avec des produits naturels. En ce qui concerne les animaux de compagnie, les maîtres peuvent acheter des croquettes en vrac, ou bien dans des sacs en papier plutôt que dans les sacs en plastique habituels. Il est aussi conseillé d’adopter des poules. Elles permettent de limiter les déchets organiques tels que les épluchures de fruits et légumes. Elles mangent même celles des pommes de terre à condition que celles-ci soient cuites.

Côté textile, réutiliser de vieux vêtements n’est pas compliqué. Par exemple, l’association Sew&Laine rassemble des chaussettes pour en faire des doudous. Concernant l’hygiène, il existe dans le commerce des lingettes démaquillantes lavables ainsi que des cups menstruelles, etc.

Ce n’est pas tout. La cuisine est l’endroit où les astuces sont les plus nombreuses. Du verre au bambou en passant par le tissu, les contenants tels que les bocaux, lunch box, boites à thé ou café y prennent beaucoup d’importance. Pour emporter ses tartines au travail ou à l’école, un grand carré de tissu coloré avec des pressions pour fermeture fait très bien l’affaire. Une gourde pour emporter sa boisson, une boite à collations pour ses fruits ou biscuits…

moyens mis en place à Bruxelles : suffisants ?

Pour Maxime Niego, il y a deux vitesses au zéro déchet. « Je ne pense pas qu’il y ait assez de promotion et de sensibilisation. Quand vous allez dans un snack ou une épicerie du quartier, on va vous donner un sac en plastique et si vous avez plus de moyens vous avez accès aux restaurants « Good Food ». Je ne suis pas sûr que ce soit la bonne stratégie. » En ce qui concerne la publicité : « Je ne vois pas beaucoup de chaînes publiques qui publient des messages à ce niveau-là. Donc les moyens mis en œuvre sont limités voir inexistants pour toucher un grand public ».

Selon lui, Il faudrait des mesures politiques telles qu’un kit avec des tupperwares distribué à chaque ménage. « C’est au niveau des communes qu’on peut changer les choses. », rajoute Maxime Niego. D’après lui, il existe deux publics, l’un est privilégié et l’autre n’a pas accès ou peu à l’information. C’est pour cela qu’il organise des activités entre bénévoles et bénéficiaires permettant d’instruire ce deuxième public. Il leur permet d’assister à des « sorties nature » enrichissantes.

En somme, le zéro déchet est une tendance en voie d’expansion. Celle-ci est accessible à tous. Son but : diminuer la production de déchets et à plus grande échelle, réduire les gaz à effet de serre. Il s’agit d’une solution parmi tant d’autres menant à une transition écologique. Pleine de ressources et d’astuces, cette pratique n’est ni coûteuse ni compliquée au quotidien. Les pouvoirs publics encourageront-ils les citoyens à opter pour cette solution ?

Pour en savoir plus

La Belgique pourra-t-elle se séparer du nucléaire ?

La Belgique s’est engagée à réduire ses émissions de 55 % à l’horizon 2030 et de 95 % à l’horizon 2050 suivant le projet de loi climat, en portant à 100 % la part électrique d’énergies renouvelables 

Le Conseil d’Administration de la FABI (Fédération Royale d’Association Belges d’Ingénieurs Civils et d’Ingénieurs Agronomes) a émis trois scénarios (marmottes, tortues et lièvres) qui reposent sur des hypothèses qui visent, d’une part, à remplacer les énergies fossiles et nucléaires par les énergies vertes et, d’autre part, à optimiser la consommation énergétique. 

centrale nucléaire de Tihange en vue du fleuve de la musse. photo de Michiel Verbeek CC BY-SA

 En vue de cet objectif

de nouvelles technologies, jugée aujourd’hui suffisamment mature, seront mises en œuvre et ceux dans différents secteurs tels que le transport, l’habitat, l’industrie, mais aussi la génération électrique, en plus d’une évolution raisonnable des techniques et procédés.

Néanmoins aucun des trois scenarii n’atteint la cible des 95 % de réduction à l’horizon 2050. Une telle transition climatique sera elle réalisable sans nucléaire ?