Pourquoi nos habits sont si difficiles à recycler ?

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Le recyclage textile à la traîne

À cause du phénomène de fast fashion, le renouvellement des garde-robes est très fréquent. Beaucoup de vêtements achetés signifient beaucoup de vêtements jetés et très peu recyclés.

BBC a annoncé en 2017 que 85 % des 37 kg de vêtements jetés par an, par américain, est soit brûlé, soit mis en décharge. Seuls 13,6 % sont recyclés à cause de la composition complexe des tissus.

En effet, les habits sont en général fabriqués avec beaucoup de matériaux différents: polyester, plastique, fer, fibres, … Qui sont difficiles et lents à séparer manuellement. Le tissu doit aussi passer par un processus d’extraction du colorant. C’est un travail chronophage, ne pouvant être fait que par une main d’œuvre expérimentée.

Que deviennent les pièces après le processus ?

Le recyclage de matière à matière est rare. Soit moins d’1 % de la quantité recyclée en 2015. Les vêtements usagés sont plutôt recyclés en mousse d’isolation ou d’autres matériaux divers.

Les associations et magasins auxquels on peut donner les pièces usagées reçoivent beaucoup trop de dons. Ceux-ci doivent trier les dons et choisir entre garder ou jeter. Ce qui ramène toujours au même problème de déchets.

Si le processus de recyclage est compliqué à développer, peut-être que pour l’instant nous ne devrions pas nous concentrer sur celui-ci, mais plutôt sur notre consommation d’habits. Aucun moyen n’est plus simple que faire attention à ce qu’on achète pour mieux contrôler ce qu’on jette.

Slow fashion : remède environnemental ?

La mode fait rêver. Par ses vitrines, ses magasins, ses mannequins, ses différentes collections. Mais l’industrie de la mode est aussi avant tout,un pollueur majeur pour notre planète. La slow fashion, mode éthique, éco-responsable et respectueuse de l’environnement deviendra t-elle un remède à notre système ? Consommez moins mais mieux ? Est ce donc la solution ?

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7000 à 10000 litres d’eau. Voilà ce qu’il faut pour fabriquer seulement un jean. Impact environnemental ? Oui.

 À ce jour, selon le rapport de la Fondation Ellen MacArthur l’industrie de la mode représente à l’échelle mondiale la deuxième industrie la plus néfaste après le pétrole pour l’environnement. Le processus pour réaliser un vêtement a pour conséquence des effets hostiles pour notre atmosphère :

  • La production des matières premières telles que la matière polyester, fabriquée par le pétrole est la matière synthétique la plus utilisée, qui a pour cause 31% de la pollution des déchets plastiques de l’océan. La production du coton, très néfaste pour notre planète, a besoin de beaucoup d’eau pour un seul tee-shirt . A lui seul, il représente 13 bains. Conséquences environnementales? Oui. Lors du processus de fabrication de ses matières premières, l’utilisation de substances chimiques a pour principale cause la pollution des eaux puisque les eaux usées finissent dans l’océan. Le lavage de certains vêtements participe aussi énormément à la dégradation de l’océan car le lavage rejette des milliers de débris plastiques.
  • « Un simple jean, parcourt jusqu’à 1,5 fois le tour de la terre avant d’arriver dans nos magasins ». Néfaste pour la planète ? Oui. Un jean, lors de son voyage émet énormément de gaz à effet de serre, un des facteurs principaux de la pollution .

Mais la fast fashion, c’est quoi ?
« La Fast Fashion c’est 140 milliards de vêtements produits dans le monde en 2019 » d’après une étude de Laetitia Pfeiffer, Executive Partner Digital and Innovation chez IBM Services, Une production de masse. Explosion de la consommation. Acteur ? La Fast Fashion.

Zara, H&m, Primark… Renouvellent leur collection le plus de fois possible, et en plus à bas prix afin d’attirer les consommateurs à peu près tous les mois. Produire vite, consommer plus. C’est leur stratégie. La Fast Fashion est partout. Implantée dans notre quotidien. Sans prendre conscience des dégâts environnementaux ou bien même éthique que peut représenter la mode rapide. Les soldes, les promotions, les grandes publicités,  » la BlackFriday » tout ceci est créé pour que les consommateurs oublient les dessous hostiles, néfastes des grandes enseignes. La Fast Fashion n’est pas chère à l’achat mais représente un coût bien trop élevé au niveau planétaire.

Mais la slow fashion ? C’est quoi ?

A contrario de la fast fashion, la slow fashion produit en premier lieu des vêtements éthiques, durables et respectueux de l’environnement :

  • Terminer la production de masse, la slow fashion privilégie des productions intensives et de qualité pour limiter les excès de gaspillage que produisent les industries.
  • Terminer la délocalisation, terminer les déplacements. Pour limiter l’émission de carbone, produire locale. C’est la solution du slow fashion.
  • Terminer le coton, le polyester toutes ces matières néfastes à l’environnement. La slow fashion prône le lin, le chanvre, le coton bio. Les matières recyclées fabriquées à partir de déchets plastiques, ou bien même des matières transformées. Les matières sont conçues pour être durables.
  • Recycler les vêtements et non les jeter. Vendre sur le site Vinted ou bien les donner à différentes associations comme Emmaus et bien d’autres encore… C’est la seconde main.
Blackfriday/ Greenfriday non à la surconsommation et la production de masse. Exemple de groupe association engagé pour la slow fashion
Les matières naturelles et biologiques pour produire nos vêtements sont plus durables et moins hostiles à l’environnement.
Le coton est la matière végétale la plus produite au monde. Bio ? Encore mieux ! Pixabay

Le coton biologique utilise moins d’eau et moins d’énergie. Il est cultivé sans OGM et ni pesticide. Selon une étude de BusinessScoot, le coton est la matière la plus utilisée au monde. Du coton recyclé? Encore mieux. Quoi de mieux de réutiliser ce qui a été jeté ?

Le chanvre, réputé pour être la matière naturelle la plus écologique. Elle est résistante et biodégradable. Le chanvre n’utilise pas beaucoup d’eau lors de sa production et en bonus, le chanvre régénère le sol lorsqu’elle pousse.

« On peut refondre le plastique, pour en faire un fil de Nylon, qu’on utilise pour faire des maillots de bain » explique Flore Carlier, fondatrice de la marque de maillot de bain Kaly Ora respectueuse de l’environnement, éthique et durable. Le nylon recyclé utilise zéro résidu puisqu’il est extrait de déchets plastiques.

Slow fashion : qui sont ces nouveaux concepteurs ?
Flore Carlier, fondatrice de la marque de maillot de bain Kaly Ora.

 » Il n’y’a pas de définition pour un vêtement eco-responsable, chacun met un peu la petite perle à son édifice là où il peut » déclare Flore Carlier. Travailler avec une petite usine locale, utiliser des matériaux recyclés à partir de déchets plastiques, fabriquer des emballages écologiques et même une livraison verte. Faire en sorte que le processus de production du vêtement de la conception à l’envoi soit totalement éthique et respectueuse de l’environnement. Cibler la qualité plutôt que la quantité. C’est possible ? Oui. De nombreuses marques se lancent dans la Slow Fashion :

  • Kalyca, marque française qui vise femmes hommes et enfants utilisant du coton bio tissé et peint en France
  • Patagonia, marque de sport éthique et durable, produit des vêtements avec des fibres végétales bio et biodégradables : chanvre, coton ou des fibres animales retrouvées dans de « vieilles couettes ou oreillers recyclés »
  • Les récupérables, spécialisée dans l’upcycling ( faire du neuf avec de l’ancien), réalise ses vêtements à partir de linge de maison vintage.

Et pleins d’autres encore !

Mais la fondatrice de Kaly Ora avoue qu’utiliser des matériaux recyclés connaît parfois des limitations pour le choix de la texture ou bien même des couleurs. Financièrement aussi, produire un vêtement éco responsable coûte plus cher, le vêtement en vente sera donc plus coûteux qu’un vêtement de grand enseigne. C’est pourquoi ,toucher les consommateurs les plus jeunes est dorénavant plus compliqué.

une prise de conscience environnementale ?

 » Les gens commencent à de plus en plus s’y intéresser, le Covid a sûrement aidé sur certains points, un changement de mentalité. Consommer mieux, consommer plus local, essayer d’aider les petites entreprises et de faire bouger les choses.  » affirme Flore.

La prise de conscience des consommateurs est de plus en plus présente. Grâce aux articles de presse, associations, réseaux sociaux, nouvelles marques….Les consommateurs se posent de plus en plus de questions : Qui fabriquent nos vêtements ? Comment sont-ils produits ? Où sont-ils produits ?

Les solutions de la Slow Fashion : consommer moins mais mieux. Qualité mieux que quantité. Acheter plus chère, certes, mais moins et durable. Remède environnementale ?

Pour en savoir plus :


Gestes et attitudes à adopter pour s’habiller tout en respectant l’environnement : 10 commandements.


L’industrie de la mode responsable des émissions de gaz à effet de serre.


Shopping responsable : 16 marques Slow Fashion

© Castry Lucie, étudiante en bachelier communication à l’ISFSC

La fast fashion : comment faire mieux ?

© Fernand De CanneUnsplash

Des vêtements à petit prix qui coûtent cher à notre planète.

10 000 litres d’eau, 1 kg de coton, 75 kg de pesticides et quelques kilos d’engrais chimique, c’est ce qui est nécessaire à la fabrication d’un seul jean qui ne sera peut-être porté qu’une dizaine de fois avant d’être jeté ou de finir oublié au fond d’une armoire. Un pantalon qui aura d’ailleurs parcouru jusqu’à de 65 000 km lors de sa confection, soit 1 fois et demi le tour de la terre. Des chiffres qui ont de quoi interpeller le consommateur et qui sont le résultat d’un seul phénomène : la fast fashion.

La fast fashion, c’est quoi ?

La fast fashion ou mode rapide en français consiste au renouvellement rapide des collections dans les grands magasins de mode. Concrètement : certaines marques présentent jusqu’à 52 collections par an, soit une par semaine. Sans prêter attention, ni à l’aspect éthique, ni à l’aspect écologique de la production.

En effet, l’industrie textile est la seconde la plus polluante au monde après l’industrie pétrolière. En additionnant la surproduction de gaz à effet de serre, l’exploitation massive de ressources non renouvelables, d’eau, de produits chimiques, et de pesticides : la somme est désastreuse.

Et ce n’est pas tout, le recyclage des habits dont le consommateur se débarrasse est aussi à la traîne. Au niveau mondial, seuls 12 % en moyenne des matériaux présents dans un habit pourront être recyclés. Le reste sera mis en décharge ou brulé.

Éthique et éco-responsable : la slow-fashion

Cette pratique est une manière de consommer dite « raisonnée ». Il s’agit d’acheter moins d’habits et de meilleure qualité. Malheureusement, celle-ci rencontre quelques inconvénients. Tout d’abord, les prix sont plus élevés que chez les géants de la mode car la fabrication est faite dans des matériaux de qualité et les travailleurs ont un salaire décent. Ensuite, les pièces sont moins renouvelées donc moins tendances. En effet, si moins de collections voient le jour, il est plus difficile de s’adapter à chaque effet de mode. C’est même à l’opposé du principe de la slow fashion. « C’est vrai que c’est plus cher, mais il y a pleins de petits créateurs qui essaient de se lancer, il faut leur donner de la force. » , explique Louison Dequesnes, gérant de la friperie Bison 4.

Bien que de plus en plus de marques se mettent à fabriquer de façon éthique et responsable, il existe l’alternative idéale que de plus en plus de personnalités adoptent : la seconde main.

© Nilay SozbirUnsplash

Acheter dans ce type de commerces revient à faire vivre les commerces locaux et à donner une deuxième vie à des vêtements. En plus de l’aspect écologique, ça permet de se distinguer. Selon monsieur Dequesnes, il y a très peu de chances de tomber sur quelqu’un qui a le même pull que soi en rue si on l’a trouvé en friperie. S’habiller là permet de vraiment se démarquer.

En effet, acheter en friperie ou sur des applications de reventes devient de plus en plus courant. Au cours de l’année 2020, 68 % des Belges ont acheté un objet en seconde main dont 19,9 % étaient un vêtement. Bien que réservé auparavant au plus démunis, cette pratique aujourd’hui est très répandue et bénéficie d’un effet de mode croissant. Pour Louison Dequesnes, le ressenti de faire une bonne action, l’effet d’influence et le sentiment de bonne affaire seraient les raisons qui poussent les acheteurs vers la slow-fashion.

Comment le vintage est revenu au goût du jour ?

En réalité, c’est surtout un effet de mode qui pousse les consommateurs à se diriger vers les boutiques d’occasion. Si les influenceurs du moment montrent qu’ils vont en friperie, ou achètent en seconde main, le public s’y rend. « C’est sûr que si on voit quelqu’un comme par exemple Travis Scott qui porte une pièce spécifique, ses fans iront se renseigner pour avoir la même. Les jeunes maintenant s’habillent comme leurs idoles, on veut leur ressembler, il y a un sentiment d’appartenance. », explique monsieur Dequesnes.

Esile, youtubeuse française suivie par 540K de personnes

De plus en plus de personnalités promeuvent la mode éco-responsable. Il suffit d’aller voir l’Instagram de la friperie Bison 4. On y voit des personnalités comme le mannequin Léna Simone, Caballero et Jeanjass, Roméo Elvis, … « L’influence est une grosse partie de ma réussite, principalement grâce à Instagram. Ça m’a permis de me lier d’amitié avec des rappeurs et faire beaucoup de rencontres qui au quotidien m’envoient beaucoup force. » avoue Louison Dequesnes.

© Darc Déborah – 2020

La seconde main aussi sur nos smartphones

Au lieu de se retrouver avec des armoires qui débordent, il est bien plus avantageux de revendre ce que l’on ne porte plus. C’est le principe des applications comme Vinted, United Wardrobe, vestiaire collectif,… Ces plateformes permettent de vendre sans frais, acheter ou échanger ce que des millions d’utilisateurs postent. Ce sont en quelque sorte des « friperies en ligne ».

Malheureusement, ces plateformes ont un inconvénient majeur : la pollution due aux livraisons. Effectivement, il est dit sur le site de Vinted qu’un article est vendu par seconde. Cette plateforme s’étendant au niveau européen, cela équivaut à beaucoup de colis, et donc de transport. La production de gaz à effet de serre reste toutefois moins importante que celle issue de la fast fashion. Néanmoins, il faut rester méfiant par rapport à ce type de marché pas tout à fait écologique.

Vers une prise de conscience collective ?

© Darc Déborah, 24/01/2019

Depuis les marches pour le climat à Bruxelles en 2019, une prise de conscience collective, mais surtout du côté des jeunes s’est mise en place. D’après le constat de monsieur Dequesnes, les personnes se rendant le plus dans son commerce sont approximativement les personnes dans la tranche d’âge 16-24 ans.

« Il y avait une belle énergie à Bruxelles, certains jours, les manifestants venaient même à la boutique après. Depuis ces événements, les chiffres de ventes sont croissants »

Dequesnes Louison

Les adeptes de la seconde main se multipliant, la loi de l’offre et de la demande à fait que diverses type de boutique ont vu le jour. Il y a les plus « luxueuses » pour acheter des marques tout en restant éco-responsable au plus bas de gamme qui allient bonne affaire et écologie. De quoi satisfaire tous les publics et permettre de changer la façon de consommer de chacun. « Pour moi, il ne faut pas aller dans les extrêmes. Si chacun fait son petit geste de son coté ça peut faire une différence » garantit monsieur Dequesnes.

Ce qu’il faut retenir c’est que la seconde main est un marché ouvert à tous. Plus les acheteurs en demanderont, plus ce sera un adversaire de poids face à la fast fashion. Il ne s’agit pas de ne plus acheter du tout dans les grands magasins, mais peut-être faire 50/50 ou essayer d’acheter plus par besoin que par envie. Il s’agit d’une transition à faire petit à petit, mais qui est possible et qui a du sens.


Pour en savoir plus :

Déborah Darc, étudiante en bac 1 communication à l’ISFSC : j’ai décidé d’allier à travers cet article deux de mes centres d’intérêts qui sont la mode et l’écologie. J’ai pour vocation la communication depuis petite, car pour moi s’exprimer est un art et celui-ci me passionne.