La riposte du compost !

En Belgique, de plus en plus de bruxellois aménagent un compost dans leurs jardins, voire dans leurs appartements pour pouvoir réduire leurs déchets alimentaires.

Le compost est un engrais résultant de la dégradation de déchets organiques. Elle est réalisée sous l’action de micro-organismes et d’animaux du sol. Le compost est meilleur et est plus complet que le terreau car il est plus riche en minéraux et en humus et donc il favorise d’avantage la croissance des plantes. Il est écologique mais aussi économique, il nous permet de recycler et réutiliser les déchets compostables alors que le terreau lui, est déjà réalisé et coûte de l’argent.

Un compost en intérieur est-ce possible?

Image par Manfred Antranias Zimmer de Pixabay 

Différents types de compost.

Il est possible de réaliser un compost intérieur, c’est le cas par exemple avec le lombricompostage. Comme son nom l’indique, il est composé de lombrics plus communément appelé vers de compost. Ces derniers vont se nourrir de matières organiques, tels que vos déchets alimentaires sauf les aliments d’origines animales ou ceux trop acides . Cette manière de faire est plus simple qu’un compost classique. Il ne requiert pas d’entretien, les vers s’occupent de tout, y compris de leur propre régulation en fonction de la place. L’appareil est compartimenté et aucune odeur n’émane de celui-ci grâce aux vers et aux filtres. Il est possible de construire son propre lombricomposteur, ces initiatives sont encouragées par l’ASBL « bxlentransition » qui propose de fournir des vers pour débuter dans cette initiative.

Tout porte à croire qu’un compost est tout ce qui est de plus économique. Selon l’article provenant d’environnement.brussels, si cette pratique était plus répandue, elle permettrait de réduire jusqu’à 30% du volume des poubelles.

(Hautcoeur Amandine, 1505 caractères.)

Bruxelles, lanterne rouge des pistes cyclables?

La qualité et la sécurité ne sont pas toujours au rendez-vous à Bruxelles. Le réseau cyclable bruxellois compte 200 km. Ce réseau est géré par tellement de personnes que prendre une décision est à chaque fois un combat.

Piste cyclable bien entretenue. Photo de Brett Sayles provenant de Pexels

La pratique du vélo est en plein essor dans un grand nombre de métropoles européennes, mais les nouveaux cyclistes bruxellois sont bloqués par une infrastructure peu adaptée à leur moyen de transport. Dans ce sens, il convient de découvrir un article de Bruxelles mobilité sur l’aménagement cyclable à Bruxelles.

Les ingrédients d’une piste cyclable.

Une bonne piste cyclable se compose de routes droites, assez larges pour laisser passer plusieurs vélos. Elle doit être entretenue et comporter le moins d’arrêts dangereux aux croisements. À Bruxelles, peu de routes sont compatibles avec ce schéma !

Aménagement cyclable dans Bruxelles : http://data-mobility.irisnet.be/mobigis/fr/

La petite ceinture de Bruxelles (ici en jaune) est bien entourée d’un réseau cyclable, mais dans le centre-ville, c’est beaucoup plus décousu.

Le gros souci vient des carrefours qui sont difficilement aménageables. Pour les décisions d’aménagement, Bruxelles, dépend de 19 communes et de la région bruxelloise. Dès lors, il est rare que tout le monde soit d’accord et malheureusement, les projets prennent du temps à être acceptés.

Afin de faciliter l’aménagement du réseau cyclable. La région, en concertation avec les citoyens, a lancé un nouveau plan de mobilité régionale appelé « Good Move« . Il a pour but de rendre facile et sécurisante la mobilité à Bruxelles.

Une nouvelle bouffée d’air frais pour Bruxelles.

Dans le cœur d’un village du cancer en Chine

L’extraction de métaux rares en Chine cause le cancer dans 451 villages de Chine.

De nombreuses personnes décèdent d’un cancer suite à l’extraction des métaux rares dans la ville de Baotou en Chine. Selon La Libération : « Dans ces villages, quasiment tous les habitants ont vu un de leurs proches mourir suite à un cancer déclenché par la pollution des eaux ».

C’est un écosystème qui est impacté. Photo de Lucian Petronel Potlog provenant de Pexels

Baotou, comme 450 endroits de Chine, est appelé « village du cancer ». Chaque personne dans cette région connaît un proche décédé suite à cette maladie. Les habitants vivent avec les produits toxiques au quotidien. Ils en mangent, boivent et respirent.

Les métaux rares pour cause

La forte présence du cancer dans cette région de Chine est due à l’extraction des métaux rares. Baotou est l’endroit où 70% de la production mondiale a lieu. L’extraction de ces métaux est plus complexe que ceux classiques. Ils doivent être séparés de la roche et pour se faire, des solvants sont utilisés et mélangés à de l’eau. Ce mélange est rejeté dans la nature et crée des lacs. Le problème est que les métaux rares sont indispensables au fonctionnement de nos voitures électriques et de nos smartphones. Comme on peut le voir, c’est la planète que les humains détruisent suite aux nouvelles technologies mais serions-nous réellement capables de vivre sans eux ?

TRANSITION ECOLOGIQUE, NOUVELLE PERSPECTIVE POUR EVERE

NOUVEAU PLAN COMMUNAL DE DEVELOPPEMENT POUR EVERE, UN NOUVEL HORIZON POUR LA COMMUNE BRUXELLOISE?

Le 8 décembre 2020 Le conseil communal d’Evere adopte son nouveau (PCD) plan communal de développement dont les objectifs sont d’intégrer les nouveaux besoins et de rencontrer les attentes des citoyens. Le (PCD) n’avait pas été réarrangé depuis 2005! Depuis la population d’Evere à augmenté fortement. Ont donc été instaurés des nouvelles lignes d’orientation, aller vers une urbanisation modérée, lutter contre la précarité et la dualisation socio-spatiale et finalement maintenir la qualité du cadre de vie développé “Evere, une commune durable tournée vers l’avenir”. La Commune évolue dans un contexte d’expansion démographique importante avec 42 656 habitants au total. Un véritable défi qui demandera inventivité et responsabilité aux constructeurs en immobilier.

Evere se réinvente peu à peu

Maison communale d’Evere, © Jérôme Warichet 19 Décembre 2020

La commune tente de donner le ton avec une certaine conscience de la nécessité de réduire les émissions CO2. Evere se réinvente peu à peu grâce à des initiatives soutenues par le faible budget attribué par Bruxelles Environnement. Il existe chez les élus au conseil communal une conscience générale pour la réduction de l’empreinte CO2 de la commune, Les nouveaux bâtiments construits sous la tutelle de la commune sont rénovés et développés dans une optique de neutralité écologique. Cependant cet intérêt reste assez léger et il n’existe pas encore de volonté générale de changer la manière de vivre.

Evere : le nouveau Plan Communal de Développement est activé ! – La Manchette.be

L’Environnement: Etat des Lieux 2020 | Bruxelles Environnement

Pourquoi nos habits sont si difficiles à recycler ?

© vuk8691 – Getty Images/iStockphoto

Le recyclage textile à la traîne

À cause du phénomène de fast fashion, le renouvellement des garde-robes est très fréquent. Beaucoup de vêtements achetés signifient beaucoup de vêtements jetés et très peu recyclés.

BBC a annoncé en 2017 que 85 % des 37 kg de vêtements jetés par an, par américain, est soit brûlé, soit mis en décharge. Seuls 13,6 % sont recyclés à cause de la composition complexe des tissus.

En effet, les habits sont en général fabriqués avec beaucoup de matériaux différents: polyester, plastique, fer, fibres, … Qui sont difficiles et lents à séparer manuellement. Le tissu doit aussi passer par un processus d’extraction du colorant. C’est un travail chronophage, ne pouvant être fait que par une main d’œuvre expérimentée.

Que deviennent les pièces après le processus ?

Le recyclage de matière à matière est rare. Soit moins d’1 % de la quantité recyclée en 2015. Les vêtements usagés sont plutôt recyclés en mousse d’isolation ou d’autres matériaux divers.

Les associations et magasins auxquels on peut donner les pièces usagées reçoivent beaucoup trop de dons. Ceux-ci doivent trier les dons et choisir entre garder ou jeter. Ce qui ramène toujours au même problème de déchets.

Si le processus de recyclage est compliqué à développer, peut-être que pour l’instant nous ne devrions pas nous concentrer sur celui-ci, mais plutôt sur notre consommation d’habits. Aucun moyen n’est plus simple que faire attention à ce qu’on achète pour mieux contrôler ce qu’on jette.

Comment le télétravail impact il la circulation à Bruxelles

Image par Laurent Verdier de Pixabay

Suite à l’épidémie de COVID-19, le télétravail a fortement été mis en avant et a été envisagé comme solution contre les problèmes de mobilité. Le Bureau Fédéral du Plan a donc réalisé une étude sur le rapport entre le télétravail et la demande de transport.

Dans un scénario idéal, d’ici 2040, le nombre d’employés travaillant à domicile atteint 40% et ces derniers exercent leur profession 2 jours par semaine. Dans ce cadre hypothétique, les déplacements du domicile au lieu de travail seraient réduits de 5,8% mais les déplacements en voiture pour d’autres motifs, comme les services, augmenteraient de 1,3% . Selon une estimation du Bureau du plan, 1,2% de kilomètres en moins seraient parcourus par les Belges.

Et Bruxelles dans tout ça ?

L’impact sur la capitale, lui, serait significatif. Le trafic de navettes vers bruxelles diminuerait de 23% ,augmentant ainsi la vitesse moyenne du trafic de 8% sur les principaux axes de circulation. Le trafic à Bruxelles diminuerait de 12,2%.

L’idéal serait de rediriger la population vers d’autres moyens de déplacements que ce soit pour se rendre au travail où au centre commercial.

Yves Rocher, réel engagement ou pompe à euros ?

Depuis sa création en 1959, Yves Rocher compte pas moins de 1700 boutiques et plusieurs millions de consommateurs à travers le monde. Cependant malgré leur immense succès, il y a eu de nombreuses plaintes concernant certains produits.

Yves Rocher, Porte de Namur.
©EL Houch Younes 2020

Cette grande enseigne voulant à tout prix montrer que tous ses produits ont un engagement envers la nature ne font pas les choses à moitié. Ils ne sont pas devenus célèbres comme par magie, mais plutôt grâce à un certain marketing que l’on nomme « Greenwashing« . Hélas, dans l’ombre de chaque réussite, se cache souvent un travail qui n’est pas si angélique

En réalité que se cache-t-il derrière ces produits ?

Dans une de ses vidéos , la Youtubeuse (La Petite Gaby) démontre que le produit « soins sensitifs végétales » contient des ingrédients nocifs pour la santé des consommateurs . On y retrouve de l’alcool et surtout du phénoxyéthanol, substance très toxique et irritante pour l’homme.

Malgré cela, Yves Rocher arrive toujours à vendre ses produits grâce à de nombreuses promotions tout au long de l’année avec un système de fidélité. Celui ci attire et fidélise la clientèle et les poussent à consommer. Des produits à prix abordables et accessibles pour toutes classes sociales. Finalement, qui est le plus fautif? Yves Rocher et leurs mensonges ou les consommateurs et leur naïveté ?

Slow fashion : remède environnemental ?

La mode fait rêver. Par ses vitrines, ses magasins, ses mannequins, ses différentes collections. Mais l’industrie de la mode est aussi avant tout,un pollueur majeur pour notre planète. La slow fashion, mode éthique, éco-responsable et respectueuse de l’environnement deviendra t-elle un remède à notre système ? Consommez moins mais mieux ? Est ce donc la solution ?

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Image par Free-Photos de Pixabay

7000 à 10000 litres d’eau. Voilà ce qu’il faut pour fabriquer seulement un jean. Impact environnemental ? Oui.

 À ce jour, selon le rapport de la Fondation Ellen MacArthur l’industrie de la mode représente à l’échelle mondiale la deuxième industrie la plus néfaste après le pétrole pour l’environnement. Le processus pour réaliser un vêtement a pour conséquence des effets hostiles pour notre atmosphère :

  • La production des matières premières telles que la matière polyester, fabriquée par le pétrole est la matière synthétique la plus utilisée, qui a pour cause 31% de la pollution des déchets plastiques de l’océan. La production du coton, très néfaste pour notre planète, a besoin de beaucoup d’eau pour un seul tee-shirt . A lui seul, il représente 13 bains. Conséquences environnementales? Oui. Lors du processus de fabrication de ses matières premières, l’utilisation de substances chimiques a pour principale cause la pollution des eaux puisque les eaux usées finissent dans l’océan. Le lavage de certains vêtements participe aussi énormément à la dégradation de l’océan car le lavage rejette des milliers de débris plastiques.
  • « Un simple jean, parcourt jusqu’à 1,5 fois le tour de la terre avant d’arriver dans nos magasins ». Néfaste pour la planète ? Oui. Un jean, lors de son voyage émet énormément de gaz à effet de serre, un des facteurs principaux de la pollution .

Mais la fast fashion, c’est quoi ?
« La Fast Fashion c’est 140 milliards de vêtements produits dans le monde en 2019 » d’après une étude de Laetitia Pfeiffer, Executive Partner Digital and Innovation chez IBM Services, Une production de masse. Explosion de la consommation. Acteur ? La Fast Fashion.

Zara, H&m, Primark… Renouvellent leur collection le plus de fois possible, et en plus à bas prix afin d’attirer les consommateurs à peu près tous les mois. Produire vite, consommer plus. C’est leur stratégie. La Fast Fashion est partout. Implantée dans notre quotidien. Sans prendre conscience des dégâts environnementaux ou bien même éthique que peut représenter la mode rapide. Les soldes, les promotions, les grandes publicités,  » la BlackFriday » tout ceci est créé pour que les consommateurs oublient les dessous hostiles, néfastes des grandes enseignes. La Fast Fashion n’est pas chère à l’achat mais représente un coût bien trop élevé au niveau planétaire.

Mais la slow fashion ? C’est quoi ?

A contrario de la fast fashion, la slow fashion produit en premier lieu des vêtements éthiques, durables et respectueux de l’environnement :

  • Terminer la production de masse, la slow fashion privilégie des productions intensives et de qualité pour limiter les excès de gaspillage que produisent les industries.
  • Terminer la délocalisation, terminer les déplacements. Pour limiter l’émission de carbone, produire locale. C’est la solution du slow fashion.
  • Terminer le coton, le polyester toutes ces matières néfastes à l’environnement. La slow fashion prône le lin, le chanvre, le coton bio. Les matières recyclées fabriquées à partir de déchets plastiques, ou bien même des matières transformées. Les matières sont conçues pour être durables.
  • Recycler les vêtements et non les jeter. Vendre sur le site Vinted ou bien les donner à différentes associations comme Emmaus et bien d’autres encore… C’est la seconde main.
Blackfriday/ Greenfriday non à la surconsommation et la production de masse. Exemple de groupe association engagé pour la slow fashion
Les matières naturelles et biologiques pour produire nos vêtements sont plus durables et moins hostiles à l’environnement.
Le coton est la matière végétale la plus produite au monde. Bio ? Encore mieux ! Pixabay

Le coton biologique utilise moins d’eau et moins d’énergie. Il est cultivé sans OGM et ni pesticide. Selon une étude de BusinessScoot, le coton est la matière la plus utilisée au monde. Du coton recyclé? Encore mieux. Quoi de mieux de réutiliser ce qui a été jeté ?

Le chanvre, réputé pour être la matière naturelle la plus écologique. Elle est résistante et biodégradable. Le chanvre n’utilise pas beaucoup d’eau lors de sa production et en bonus, le chanvre régénère le sol lorsqu’elle pousse.

« On peut refondre le plastique, pour en faire un fil de Nylon, qu’on utilise pour faire des maillots de bain » explique Flore Carlier, fondatrice de la marque de maillot de bain Kaly Ora respectueuse de l’environnement, éthique et durable. Le nylon recyclé utilise zéro résidu puisqu’il est extrait de déchets plastiques.

Slow fashion : qui sont ces nouveaux concepteurs ?
Flore Carlier, fondatrice de la marque de maillot de bain Kaly Ora.

 » Il n’y’a pas de définition pour un vêtement eco-responsable, chacun met un peu la petite perle à son édifice là où il peut » déclare Flore Carlier. Travailler avec une petite usine locale, utiliser des matériaux recyclés à partir de déchets plastiques, fabriquer des emballages écologiques et même une livraison verte. Faire en sorte que le processus de production du vêtement de la conception à l’envoi soit totalement éthique et respectueuse de l’environnement. Cibler la qualité plutôt que la quantité. C’est possible ? Oui. De nombreuses marques se lancent dans la Slow Fashion :

  • Kalyca, marque française qui vise femmes hommes et enfants utilisant du coton bio tissé et peint en France
  • Patagonia, marque de sport éthique et durable, produit des vêtements avec des fibres végétales bio et biodégradables : chanvre, coton ou des fibres animales retrouvées dans de « vieilles couettes ou oreillers recyclés »
  • Les récupérables, spécialisée dans l’upcycling ( faire du neuf avec de l’ancien), réalise ses vêtements à partir de linge de maison vintage.

Et pleins d’autres encore !

Mais la fondatrice de Kaly Ora avoue qu’utiliser des matériaux recyclés connaît parfois des limitations pour le choix de la texture ou bien même des couleurs. Financièrement aussi, produire un vêtement éco responsable coûte plus cher, le vêtement en vente sera donc plus coûteux qu’un vêtement de grand enseigne. C’est pourquoi ,toucher les consommateurs les plus jeunes est dorénavant plus compliqué.

une prise de conscience environnementale ?

 » Les gens commencent à de plus en plus s’y intéresser, le Covid a sûrement aidé sur certains points, un changement de mentalité. Consommer mieux, consommer plus local, essayer d’aider les petites entreprises et de faire bouger les choses.  » affirme Flore.

La prise de conscience des consommateurs est de plus en plus présente. Grâce aux articles de presse, associations, réseaux sociaux, nouvelles marques….Les consommateurs se posent de plus en plus de questions : Qui fabriquent nos vêtements ? Comment sont-ils produits ? Où sont-ils produits ?

Les solutions de la Slow Fashion : consommer moins mais mieux. Qualité mieux que quantité. Acheter plus chère, certes, mais moins et durable. Remède environnementale ?

Pour en savoir plus :


Gestes et attitudes à adopter pour s’habiller tout en respectant l’environnement : 10 commandements.


L’industrie de la mode responsable des émissions de gaz à effet de serre.


Shopping responsable : 16 marques Slow Fashion

© Castry Lucie, étudiante en bachelier communication à l’ISFSC

Seconde main : devient-elle une forte concurrence pour la Fast Fashion ?

Donner, revendre, prolonger la vie d’un vêtement : la seconde main.Une révolution de la mode alliant économie et écologie qui s’oppose à la Fast Fashion par ses friperies et ses vides dressing virtuel. Concurrence ?

La seconde main c’est recycler.
Image par Shirley Hirst de Pixabay

Fini, le neuf. D’après le site Thredup, en 2028, le marché de la seconde main prendra la première place devant la Fast Fashion. Forte concurrence ? Oui. Un succès à la hausse lié non seulement, pour son impact écologique : limiter les dégâts environnementaux que peut causer le processus de la fabrication d’un vêtement. Mais les bas prix qu’offrent les vêtements de la seconde main jouent énormément aussi : toutes tranches d’âge se sent donc concernées. Majoritairement, un vêtement d’occasion est moins cher qu’un vêtement neuf. Une grande tendance grâce aux différentes friperies, et ces grands vide-dressing en ligne dont un sort du lot : Vinted.

« DonneZ à vos vêtements une seconde vie » Vinted.

Une friperie virtuelle. Vinted fait ravage. Selon l’Express, Vinted « revendique 21 millions de membres dans les onze pays où elle est implantée ». Des millions de vêtements sont mis en ligne chaque jour. Un boom lié à cette application gratuite,mais aussi à ses millions de vêtements à bas prix. Prix moyen sur Vinted ? 15 euros. Des vêtements d’occasion de marque tels que H&M, Zara et même des affaires de luxe. Comment ne pas songer à la seconde main quand une application simple, gratuite et sécurisée offre à des millions d’utilisateurs des vêtements à bas prix ?

La fast fashion : comment faire mieux ?

© Fernand De CanneUnsplash

Des vêtements à petit prix qui coûtent cher à notre planète.

10 000 litres d’eau, 1 kg de coton, 75 kg de pesticides et quelques kilos d’engrais chimique, c’est ce qui est nécessaire à la fabrication d’un seul jean qui ne sera peut-être porté qu’une dizaine de fois avant d’être jeté ou de finir oublié au fond d’une armoire. Un pantalon qui aura d’ailleurs parcouru jusqu’à de 65 000 km lors de sa confection, soit 1 fois et demi le tour de la terre. Des chiffres qui ont de quoi interpeller le consommateur et qui sont le résultat d’un seul phénomène : la fast fashion.

La fast fashion, c’est quoi ?

La fast fashion ou mode rapide en français consiste au renouvellement rapide des collections dans les grands magasins de mode. Concrètement : certaines marques présentent jusqu’à 52 collections par an, soit une par semaine. Sans prêter attention, ni à l’aspect éthique, ni à l’aspect écologique de la production.

En effet, l’industrie textile est la seconde la plus polluante au monde après l’industrie pétrolière. En additionnant la surproduction de gaz à effet de serre, l’exploitation massive de ressources non renouvelables, d’eau, de produits chimiques, et de pesticides : la somme est désastreuse.

Et ce n’est pas tout, le recyclage des habits dont le consommateur se débarrasse est aussi à la traîne. Au niveau mondial, seuls 12 % en moyenne des matériaux présents dans un habit pourront être recyclés. Le reste sera mis en décharge ou brulé.

Éthique et éco-responsable : la slow-fashion

Cette pratique est une manière de consommer dite « raisonnée ». Il s’agit d’acheter moins d’habits et de meilleure qualité. Malheureusement, celle-ci rencontre quelques inconvénients. Tout d’abord, les prix sont plus élevés que chez les géants de la mode car la fabrication est faite dans des matériaux de qualité et les travailleurs ont un salaire décent. Ensuite, les pièces sont moins renouvelées donc moins tendances. En effet, si moins de collections voient le jour, il est plus difficile de s’adapter à chaque effet de mode. C’est même à l’opposé du principe de la slow fashion. « C’est vrai que c’est plus cher, mais il y a pleins de petits créateurs qui essaient de se lancer, il faut leur donner de la force. » , explique Louison Dequesnes, gérant de la friperie Bison 4.

Bien que de plus en plus de marques se mettent à fabriquer de façon éthique et responsable, il existe l’alternative idéale que de plus en plus de personnalités adoptent : la seconde main.

© Nilay SozbirUnsplash

Acheter dans ce type de commerces revient à faire vivre les commerces locaux et à donner une deuxième vie à des vêtements. En plus de l’aspect écologique, ça permet de se distinguer. Selon monsieur Dequesnes, il y a très peu de chances de tomber sur quelqu’un qui a le même pull que soi en rue si on l’a trouvé en friperie. S’habiller là permet de vraiment se démarquer.

En effet, acheter en friperie ou sur des applications de reventes devient de plus en plus courant. Au cours de l’année 2020, 68 % des Belges ont acheté un objet en seconde main dont 19,9 % étaient un vêtement. Bien que réservé auparavant au plus démunis, cette pratique aujourd’hui est très répandue et bénéficie d’un effet de mode croissant. Pour Louison Dequesnes, le ressenti de faire une bonne action, l’effet d’influence et le sentiment de bonne affaire seraient les raisons qui poussent les acheteurs vers la slow-fashion.

Comment le vintage est revenu au goût du jour ?

En réalité, c’est surtout un effet de mode qui pousse les consommateurs à se diriger vers les boutiques d’occasion. Si les influenceurs du moment montrent qu’ils vont en friperie, ou achètent en seconde main, le public s’y rend. « C’est sûr que si on voit quelqu’un comme par exemple Travis Scott qui porte une pièce spécifique, ses fans iront se renseigner pour avoir la même. Les jeunes maintenant s’habillent comme leurs idoles, on veut leur ressembler, il y a un sentiment d’appartenance. », explique monsieur Dequesnes.

Esile, youtubeuse française suivie par 540K de personnes

De plus en plus de personnalités promeuvent la mode éco-responsable. Il suffit d’aller voir l’Instagram de la friperie Bison 4. On y voit des personnalités comme le mannequin Léna Simone, Caballero et Jeanjass, Roméo Elvis, … « L’influence est une grosse partie de ma réussite, principalement grâce à Instagram. Ça m’a permis de me lier d’amitié avec des rappeurs et faire beaucoup de rencontres qui au quotidien m’envoient beaucoup force. » avoue Louison Dequesnes.

© Darc Déborah – 2020

La seconde main aussi sur nos smartphones

Au lieu de se retrouver avec des armoires qui débordent, il est bien plus avantageux de revendre ce que l’on ne porte plus. C’est le principe des applications comme Vinted, United Wardrobe, vestiaire collectif,… Ces plateformes permettent de vendre sans frais, acheter ou échanger ce que des millions d’utilisateurs postent. Ce sont en quelque sorte des « friperies en ligne ».

Malheureusement, ces plateformes ont un inconvénient majeur : la pollution due aux livraisons. Effectivement, il est dit sur le site de Vinted qu’un article est vendu par seconde. Cette plateforme s’étendant au niveau européen, cela équivaut à beaucoup de colis, et donc de transport. La production de gaz à effet de serre reste toutefois moins importante que celle issue de la fast fashion. Néanmoins, il faut rester méfiant par rapport à ce type de marché pas tout à fait écologique.

Vers une prise de conscience collective ?

© Darc Déborah, 24/01/2019

Depuis les marches pour le climat à Bruxelles en 2019, une prise de conscience collective, mais surtout du côté des jeunes s’est mise en place. D’après le constat de monsieur Dequesnes, les personnes se rendant le plus dans son commerce sont approximativement les personnes dans la tranche d’âge 16-24 ans.

« Il y avait une belle énergie à Bruxelles, certains jours, les manifestants venaient même à la boutique après. Depuis ces événements, les chiffres de ventes sont croissants »

Dequesnes Louison

Les adeptes de la seconde main se multipliant, la loi de l’offre et de la demande à fait que diverses type de boutique ont vu le jour. Il y a les plus « luxueuses » pour acheter des marques tout en restant éco-responsable au plus bas de gamme qui allient bonne affaire et écologie. De quoi satisfaire tous les publics et permettre de changer la façon de consommer de chacun. « Pour moi, il ne faut pas aller dans les extrêmes. Si chacun fait son petit geste de son coté ça peut faire une différence » garantit monsieur Dequesnes.

Ce qu’il faut retenir c’est que la seconde main est un marché ouvert à tous. Plus les acheteurs en demanderont, plus ce sera un adversaire de poids face à la fast fashion. Il ne s’agit pas de ne plus acheter du tout dans les grands magasins, mais peut-être faire 50/50 ou essayer d’acheter plus par besoin que par envie. Il s’agit d’une transition à faire petit à petit, mais qui est possible et qui a du sens.


Pour en savoir plus :

Déborah Darc, étudiante en bac 1 communication à l’ISFSC : j’ai décidé d’allier à travers cet article deux de mes centres d’intérêts qui sont la mode et l’écologie. J’ai pour vocation la communication depuis petite, car pour moi s’exprimer est un art et celui-ci me passionne.